Mois : mai 2019

Les rois mages

Les rois mages

Préambule

En préambule, je ne résiste pas à l’envie de vous compiler quelques passages du livre « Her Back Pois Chiche » de la célèbre égyptologue Isha Schwaller de Lubicz ayant trait au symbole.

« Le symbole est la forme vivante d’une loi […]. Le symbole est une langue de Sages qui connaissent les rapports analogiques du visible et de l’invisible et enseignent l’abstrait par le concret. Pour accéder à cette langue, il faut accepter une formation progressive qui est la montée vers le Temple. »

Quel rapport avec les Rois Mages me direz-vous ? Furent-ils la forme réellement vivante d’une loi divine ou, à l’instar des rituels une langue de Sages destinée à nous décrire les rapports analogiques entre notre monde visible et ce monde invisible que nous nous efforçons d’explorer avec ardeur ?

Pour essayer de nous en faire une idée, nous aborderons successivement les origines historiques des Rois Mages puis leur survivance dans la tradition populaire pour terminer par la portée ésotérique du message communiqué par ces Rois Mages.

Nous conclurons après avoir tenté de mettre en lumière comment ces Mages survivent en chacun de nous.

Origines historiques des rois mages

 

L’évangile selon Saint-Mathieu

La tradition chrétienne a donné le nom de « Rois-Mages » aux mages qui viennent voir l’enfant Jésus à Bethléem et qui l’adorent, d’après l’évangile de Saint Matthieu : Chapitre 2, versets 1 à 16.

« Jésus étant né à Bethléem de Judée au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu en effet son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage ».

 « L’ayant appris, le roi Hérode s’émut, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s’enquérait avec eux du lieu où devait naître le Christ. » A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi en effet est-il écrit par le prophète :

 « Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda, car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël ».

« Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l’apparition de l’astre et les envoya à Bethléem en disant :  » Allez vous renseigner exactement sur l’enfant ; et quand vous l’aurez trouvé, avisez moi, afin que j’aille moi aussi lui rendre hommage. »

 » Sur ces paroles du Roi ils se mirent en route ; et voici que l’astre qu’ils avaient vu à son lever les précédaient jusqu’à ce qu’il vint s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. A la vue de l’astre ils se réjouirent d’une très grande joie. Entrant alors dans le logis, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, et se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

 « Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays.

  » Après leur départ, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit :  » Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte ; et restes-y jusqu’à ce que je te le dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.  » Il se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte ; et il resta là jusqu’à la mort d’Hérode ; pour que s’accomplit cet oracle prophétique du Seigneur :  » D’Egypte, j’ai appelé mon fils.  » 

Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, fut pris d’une violente fureur et envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans, d’après le temps qu’il s’était fait préciser par les mages. »

Les Rois Mages : Mythe ou réalité romancée ?

Voici l’opinion « autorisée » de catholique.org

« Ce récit est merveilleux et de tout temps a fait la joie de la piété populaire, aussi bien des grands que des petits. Les Mages qui donnent de l’or, de l’encens et de la myrrhe (plante aromatique utilisée par exemple dans les embaumements) sont devenus des Rois, et on leur donne des noms : Gaspar, Melchior et Balthasar, avec ces noms, ils sont devenus des personnages légendaires, et en même temps presque vivants. Les crèches les représentent en magnifiques costumes imaginés  » orientaux « , avec des chameaux et des serviteurs.

Qu’en est-il réellement ?

Les exégètes sont des savants qui étudient les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament en hébreu, en grec, et dans de multiples langues anciennes, qui vérifient les différents manuscrits, comparent les genres littéraires, les écrits du Judaïsme  » intertestamentaires « , c’est à dire de la période qui précède immédiatement les Evangiles.

 Ces exégètes, ainsi que les historiens qui étudient le premier siècle  » après Jésus Christ  » et les premiers temps du christianisme avaient tendance à considérer cette histoire comme un récit didactique, c’est à dire destiné à faire comprendre quelque chose plutôt qu’à dire un fait ayant réellement existé.

 Aujourd’hui on est plus ouvert à l’idée qu’il y ait des éléments historiques réels dans ce récit.

 1° la cruauté d’Hérode, elle est tout à fait prouvée historiquement on sait qu’il a fait d’autres massacres que celui possible de Bethléem, beaucoup plus importants, à commencer par celui de ses propres fils, par crainte qu’ils ne lui prennent le pouvoir.

 2° On connaît aussi dans l’histoire de l’époque un astrologue arménien, Tiridate, qui en 66 a fait le voyage de Rome pour dire à Néron qu’il avait vu dans les étoiles qu’il était un Dieu. 

 3°En effet les astronomes-astrologues avaient coutume de s’adresser aux puissants afin d’en obtenir des récompenses. L’histoire des mages est donc tout à fait vraisemblable, même si elle ne pourra pas être vérifiée absolument. Mais son intérêt explicatif est beaucoup plus important.

 4° On a découvert ( voir E Nodet,  » Histoire de Jésus ? « , Le Cerf, Paris 2.003) une histoire tout à fait similaire que relate Flavius Josèphe, version en slavon : des sages venus de Perse visitent Hérode « Nous venons de Perse, nos ancêtres ont recueilli des Chaldéens l’astronomie qui est notre science et notre art… « . L’étoile leur est apparue et signifie la naissance d’un roi qui dominera sur l’univers. L’étoile les conduit à Jérusalem mais disparaît. Hérode leur recommande de lui indiquer qui est la personne désignée par l’étoile, mais les Perses ne reviennent pas et Hérode fait massacrer 63.000 enfants de moins de trois ans. (Flavius Josèphe slavon, Guerre des Juifs, 1, 400 , voir Nodet op. cité, p. 219). »

 

Et voici la conclusion que je partage telle qu’émise par catholique.org :


 » On peut dire en conclusion que le récit est vraisemblable selon les mentalités et coutumes de l’époque, qu’un récit fort proche est parvenu à Flavius Josèphe. Celui-ci n’y a pas vu de rapport avec la naissance de Jésus, mais la similitude est étonnante. Flavius Josèphe a-t-il été la source de Matthieu ou Matthieu la source de Flavius Josèphe ? Et la cruauté d’Hérode faisant massacrer des enfants ceux des autres comme les siens paraît bien établie. Mais du vraisemblable à la sûreté historique des faits il y a un pas qu’il n’est pas aujourd’hui possible de franchir. Comme souvent les légendes contiennent souvent à leur base des éléments historiques. Il est malaisé de discerner les contours exacts de ces éléments historiques, mais tout rejeter en bloc est encore plus hasardeux.
« 

Les Rois Mages dans la tradition populaire

Les Rois Mages ont-ils influencé l’évolution des cultes ?

J’ai compilé pour vous les chapitres que le site « Gallican.org » consacre aux Rois Mages.

En voici l’argumentation, sous la plume de Mgr Truchemotte : Mithra et les Mages de la Nouvelle Alliance selon lequel les Mages de l’Épiphanie pourraient avoir été des prêtres de cette religion venue du sud de la Mésopotamie.

 » L’Evangile selon Saint Mathieu rapporte qu’à l’époque de la naissance de Jésus des Mages arrivèrent qui venaient de l’Orient. Selon toute probabilité ces voyageurs spirituels appartenaient à une religion extrêmement antique dont la figure la plus connue des historiens est celle d’un très grand sage nommé Zarathoustra (Zoroastre).

 Mais il est bon de préciser que Zoroastre n’était pas le créateur de cette religion dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Il n’avait fait que lui rédiger un code et des principes de vie. En fait, des siècles avant Zoroastre, un Yasata, un esprit céleste était déjà révéré des peuples indo-iraniens: il portait le nom de Mithra.

 Il n’est pas sans importance de savoir que les Mages qui vinrent adorer l’enfant de la crèche tenaient ce nom de Mithra comme profondément vénérable. Le nom de Mithra pouvait se traduire par des mots comme: pacte, contrat, alliance… Son rôle était en effet de maintenir l’alliance entre le Dieu Suprême et les humains…

 Le livre de l’Avesta – parlant de lui – disait: « le soleil est son œil ».

 Il est aussi très sain de préciser ce que les Mages cherchaient en se rendant à Bethléem.

 Une très ancienne tradition circulait parmi les maguséens qui formaient une école, un clan particulier, chez les fidèles mazdéens; il était prédit qu’un Sauveur sacré devait naître dans une caverne et que ce petit enfant serait la présence visible de Mithra.

Y avait-il un autre messianisme que celui des prophètes de la Bible ? Dans son érudite étude « Histoire de la Religion et de la Philosophie Zoroastriennes », Paul du Breuil rappelle qu’en Iran oriental des Mages astrologues se recueillaient chaque année sur une montagne pour y guetter durant trois jours l’étoile du grand roi. Il cite le livre de Seth et l’Opus Imperfectum in Matheum et écrit, page 127 de son livre, ces lignes propres à nous éclairer: – « En effet, le thème des bergers qui reconnaissent ou recueillent un enfant royal est propre à la légende iranienne et l’image de la naissance du Sauveur dans une caverne appartenait aux légendes parthes du Saoschian-Mithra, incluant le mythe de la fécondation virginale de la Mère. Parallèlement à l’Apocalypse d’Hystape, une prophétie zoroastrienne sur la naissance de l’idéologie royale parthe circulait parmi les maguséens ».

En résumé nous pourrions dire que si les Mages vinrent à la Crèche, c’est qu’ils avaient été avertis qu’un être extraordinaire allait naître, un être représentant tout autre chose que le Messie de la nation d’Israël. »

Nous reviendrons plus tard sur l’influence du culte de Mithra au cours de l’épiphanie ésotérique que nous aborderons dans notre dernier chapitre.

Zoroastre et les mages

Mithra

Naissance de la tradition

L’Évangile selon saint Matthieu nous a dépeint les Rois Mages comme de nobles pèlerins guidés par un astre pour adorer le Christ nouveau-né en Israël. Les rois mages seraient à l’origine du « massacre des Innocents », puisqu’ils auraient appris au roi Hérode la naissance d’un messie, provoquant le meurtre de tous les nouveau-nés de la région. Ils seraient parvenus à Bethléem le jour de l’Epiphanie et auraient offert, en guise de présents, de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

L’archevêque de Gênes, Jacques de Voragine, dans son ouvrage « la Légende dorée » paru au Moyen Âge et en latin, écrit du milieu à la fin du 13ème siècle, serait à l’origine de la création des crèches de Noël célébrant la Nativité. Attention Légende en latin legenda avait un tout autre sens que celui que nous lui connaissons actuellement. Legenda signifiait ce qu’il faut savoir sur. La relation avec l’or « aurea » qui suit n’est donc vraisemblablement pas innocente.

A cette époque l’Ordre du Temple est prospère et représente un trait d’union possible entre tous les courants traditionnels et religieux. Les commanderies situées dans les ports jouaient donc un rôle important dans les activités commerciales de l’ordre. Des établissements templiers étaient installés à Gênes, Pise ou Venise, mais c’était dans le sud de l’Italie, plus particulièrement à Brindisi, que les nefs templières méditerranéennes passaient l’hiver. L’auteur du Legenda Aurea était-il en sympathie voir membre de l’Ordre ?

Jacques de Voragine prête aux Rois Mages des caractéristiques bien précises :

  • Balthazar est un Noir,
  • Gaspard présente des traits asiatiques et
  • Melchior est un vieillard blanc.

D’après la tradition, les mages auraient suivi une étoile spéciale que certains ont cherchée mais il semble que la signification des rois mages soit avant tout philosophique. En effet, les trois mages représentent également les trois stades suprêmes de l’être humain à cette époque, un roi, un prêtre et un prophète. Les Rois mages sont également évoqués au VIème siècle dans l’Évangile arménien de l’Enfance, pour qui le premier aurait été roi de l’Inde, le second roi des Arabes et le troisième roi des Perses. Ils appartiennent à trois peuples différents des trois continents alors connus, l’Asie, l’Europe et l’Afrique, ce qui en faisait des représentants de toute l’humanité. De plus, il existe une confusion du fait que trois cadeaux sont apportés, or, encens et myrrhe, qui sont de prix très élevés à cette époque.

Dans la religion chrétienne, l’or célèbre la royauté de Jésus qui est roi, l’encens est utilisé pour le culte du Dieu mais comme il est également homme, la myrrhe vient lui rappeler sa condition de mortel car elle sert à embaumer les morts. Les couleurs des présents se retrouvent dans le teint des rois mages, en effet, Gaspard au teint asiatique apporte l’or, Melchior à peau claire de l’encens et Balthazar à peau noire, la myrrhe de même couleur.

Les reliques des rois mages sont conservées, d’après la pieuse légende, dans la cathédrale de Cologne, où on les considère comme des saints depuis le XIIème siècle.

 

De nos jours

De nos jours, les rois mages font partie des décorations des fêtes de Noël. La tradition veut qu’ils veillent sur l’Enfant-Jésus dans la crèche de Noël, au pied du sapin et à coté des cadeaux, sous forme de santons de Provence. Le 6 janvier est l’occasion de les fêter avec une galette des Rois de l’Épiphanie. Cette fête de l’Épiphanie est célébrée dans toute l’Église catholique, anglicane et d’Orient afin de commémorer la première révélation de Jésus aux païens. Mais les coutumes de Noël ne sont pas les mêmes partout, et en Espagne, ce sont les Rois Mages qui déposent des jouets dans les souliers des enfants, le 6 janvier. Cette tradition remonte aux premiers temps de la chrétienté, quand les chrétiens d’Orient célébraient la Nativité le jour de l’Épiphanie. Ce n’est qu’au premier siècle que l’on avança la date de la naissance du Christ au 25 décembre.

 

Le gâteau des rois, qu’il est usage de partager en famille le jour de l’Épiphanie Cette fête rappelle la manifestation de Jésus-Christ enfant aux Rois Mages et aux Gentils. Comme il a été rappelé ci-avant, la tradition veut que les Mages aient été guidés jusqu’au berceau du Sauveur par une étoile, laquelle fut pour eux, le signe annonciateur, la bonne nouvelle de sa naissance.

La galette contient dans sa pâte le petit enfant populairement dénommé « baigneur ».

Portée ésotérique du mythe des Rois Mages

Le Symbolisme basique

Les cadeaux des mages symbolisent la reconnaissance des trois pouvoirs : pouvoir royal (l’or), pouvoir sacerdotal (l’encens), et pouvoir spirituel (la myrrhe). Ces trois pouvoirs correspondent aux trois mondes reconnaissant l’orthodoxie du christianisme.

  • Balthazar : il est noir offre la myrrhe qui représente la souffrance rédemptrice de l’homme à venir (Jésus). La Myrrhe est une gomme résineuse odorante qui suinte naturellement du tronc de l’arbre d’Arabie, le balsamier, de la famille des Burseracées. Elle est ensuite distillée en huile essentielle. Elle fut utilisée par les Egyptiens sous forme de masques faciaux rajeunissants aussi bien que dans les processus de l’embaumement, signe s’il en est un, du passage par la mort de Jésus.
  • Melchior : Il est blanc et offre l’encens, signe de divinité, utilisé pour le culte. L’encens symbolise aussi la remontée des prières et des âmes vers le Créateur. Il a un pouvoir purificateur.
  • Gaspard : il est jaune cuivré et offre l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ. C’est aussi le symbole de l’aboutissement de l’éternité.

Vous seriez déçus si les 3 couleurs et les présents des Rois Mages n’impliquaient pas une clarification alchimique immédiate.

Myrrhe

Symbolisme alchimique des Rois Mages

Nous avons au chapitre précédent évoqué les couleurs des présents et le teint des rois mages. Gaspard au teint asiatique apporte l’or, Melchior à peau claire de l’encens et Balthazar à peau noire, la myrrhe de même couleur.

L’analogie des couleurs des Mages avec celles du Grand Œuvre ne vous aura pas échappé.

Balthazar annonce l’œuvre au noir, Melchior l’œuvre au blanc et Gaspard l’œuvre au rouge.

Mais la galette des rois nous apporte elle aussi un éclairage intéressant. Son origine remonte aux fêtes saturnales qui marquaient dans le culte de Mithra la fin du règne de Saturne.

Il est important de noter que le culte de Mithra sacrifiant le taureau était à son apogée pendant l’ère du taureau qui a précédé celle du bélier qui a elle-même précédé l’ère du poisson.

Un petit rappel sur la phase de mondification s’impose désormais pour clarifier notre propos.

Ainsi donc, le soufre et le mercure sont introduits par le col du ballon. Soufre et mercure ne sont autres que le corps physique du profane qui cherche l’initiation.

Le ballon est alors ouvert et l’Adepte y verse une dose de sel philosophique au moyen d’une pipette. Puis il bouche avec soin l’athanor en prenant garde de bien ficeler le bouchon pour que celui-ci puisse résister aux fortes pressions qui vont bientôt s’exercer dans le ballon.

Pendant deux à trois minutes l’adepte secoue énergiquement le ballon en tous sens.

A cet instant précis, toujours ganté, l’opérateur va imprimer au vase quatre saccades de bas en haut puis le reposer sur son support.

Ce cinquième feu suivi de l’itération des quatre autres feux qu’il déclenche successivement a pour conséquence de sublimer les trois composants. D’abord le sel, puis le mercure et le soufre forment une nuée au sommet de l’athanor. Ils s’unissent alors en juste proportion de nature donnant naissance aux granules (un petit monde issu du chao primordial).

Dès que la température retombe, ces granules prennent une consistance gélatineuse, se solidifient quelque peu et tombent dans le compot.

Les alchimistes appelaient ces granulations « poisson échinéis ».

Voyons ce que nous en dit Fulcanelli dans son ouvrage « le Mystère des Cathédrales ».

« C’est l’Enfant-Jésus porté par Offerus, le serviteur ou le voyageur ; c’est l’or dans son bain, le baigneur ; c’est la fève, le sabot, le berceau ou la croix d’honneur ; et c’est aussi le POISSON qui nage dans notre mer philosophique.

 Le POISSON est l’hiéroglyphe de la pierre des Philosophes dans son premier état, parce que la pierre, comme le poisson, nait dans l’eau et vit dans l’eau. »

« Parmi les peintures du poêle alchimique exécuté en 1702 par P.H.Pfau (conservé au musée de Wintertur en Suisse), on voit un pécheur à la ligne sortant de l’eau un beau poisson. D’autres allégories recommandent de le saisir à l’aide d’un filet ou d’un rets délié ; ce qui est une image exacte des mailles, formées de fils entrecroisés, schématisées sur les galettes de l’Épiphanie…

 Au baigneur on substitue souvent un poisson de porcelaine, et ce poisson était une sole (lat.SOL, SOLIS, le soleil). Ajoutons encore que le fameux POISSON du Cosmopolite, qu’il appelle échinéis (chêne iis), est l’oursin (echinus) l’ourson, la petite ourse, constellation dans laquelle se trouve l’étoile polaire. Les oursins fossiles, présentent une face rayonnée en forme d’étoile. C’est pourquoi Limonjon de Saint-Didier recommande aux investigateurs de régler leur route par la vue de l’ETOILE DU NORD »

Le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli attire encore l’attention sur la galette comme suit :

« La CORBEILLE que porte le poisson est le même hiéroglyphe que la galette; sa texture procède également de brins entre-croisés. « 

 » Il n’est pas jusqu’à la pàte de la galette qui n’obéisse aux lois de la symbolique traditionnelle. Cette pâte est feuilletée, et notre petit baigneur y est inclus à la façon d’un signet de livre. Il y a là une intéressante confirmation de la matière représentée par le gâteau des Rois. Sendivogius nous apprend que le mercure préparé offre l’aspect et la forme d’une masse pierreuse, friable et feuilletée. Si vous l’observerez bien, dit-il, vous remarquerez qu’elle est toute feuilletée. 

Les lames cristallines qui en composent la substance se trouvent, en effet, superposées comme les feuilles d’un livre ; pour cette raison, elle a reçu l’épithète de terre feuillée, terre des feuilles, livre aux feuillets, etc. »

Nous ne nous attarderons pas sur l’étoile du berger qui est en analogie avec le sang du dragon et donc de la quintessence.

Conclusion

Les Rois Mages symbolisent les diverses étapes de notre propre vie initiatique ; tous trois sont encapsulés dans notre être.

Lors de notre initiation qui est une naissance à la vie spirituelle nous faisons don de notre Balthazar qui est notre corps de chair, notre soufre.

Nous offrons aussi notre âme qui est notre Melchior, le mercure et la pierre brute que nous devrons tailler.

Notre Gaspard est notre parcelle divine, notre or sans qui nous ne pourrions envisager de mener notre œuvre à bien.

Nous terminerons cet article comme il a commencé en méditant sur une citation de Her Bak Pois Chiche :

« L’horreur quand vient le terme, c’est d’être agrippé à la terre avec des griffes de dragon. »

Publié par ESOTERICUS dans ALCHIMIE, Symbolisme, 0 commentaire
Blanche neige et l’alchimie spirituelle

Blanche neige et l’alchimie spirituelle

Préambule

Blanche Neige symbolise la jeune vierge ou granulation des alchimistes ; la minière de l’or. Les 7 nains ou gnomes sont les sept aspects de la matière minérale au travers desquels la Pierre évolue.

Blanche neige, sur ordre de la méchante reine est confiée au chasseur vert (l’acacia) pour que celui-ci la fasse mourir. Le prince charmant joue le rôle du mercure philosophal qui, uni avec la jeune vierge leur permettra d’avoir de nombreux enfants (la multiplication des poissons).

Cet article n’a pas la prétention d’analyser toute la richesse du symbolisme de ce merveilleux conte. Nous nous contenterons pour l’heure de faire le lien avec notre article sur le feu énergétique de nos dragons ainsi que l’article traitant des différentes phases de l’alchimie opérative dans la voie du cinabre.

Comme le mentionne l’ouvrage « Gammes du clavier baudelairien des correspondances Jean Richer » les planètes fondamentales décrivant le déroulement du Grand Œuvre sont en résonance avec les péchés capitaux tout comme le sont les 7 nains du conte des Frères Grimm.

Notre incarnation terrestre comme l’évoquait l’article d’Olivier sur le jeu de l’oie est un parcours initiatique à l’instar du combat mené par Blanche Neige.

Dans un premier temps nous analyserons uniquement les rôles des 7 principaux acteurs que sont Blanche Neige et ses 7 nains.

Nous y verrons que l’ordre et la hiérarchie des progrès à réaliser dans la voie initiatique concordent parfaitement avec les pratiques et enseignements de l’alchimie opérative, tels que transmis au fil des siècles.

Les acteurs

 

Blanche Neige l’Ange

Blanche Neige

Cette héroïne est en analogie avec notre être incarné. Elle est une partie de notre ange gardien déchu. Sa mission est de surmonter les accidents de son incarnation tout en domestiquant progressivement les 7 petits démons de son dragon symbolisés par les 7 nains.

Dormeur le saturnien paresseux

Dormeur

Est sous la domination du péché capital de la Paresse en liaison avec la planète Saturne. Blanche Neige va lui insuffler la vertu cardinale de la Force. Le règne de Saturne représente la première phase de l’œuvre au noir en alchimie opérative.

La paresse est le premier vice dont nous devons triompher : apprendre, travailler et commencer notre ascension de la pyramide de Maslow.

Simplet le Jupitérien gourmand

Simplet

Est sous la domination du péché capital de la Gourmandise en liaison avec la planète Jupiter. Blanche Neige va lui insuffler la vertu cardinale de la Tempérance. Le règne de Jupiter représente la seconde phase de l’œuvre au noir.

La gourmandise est le second vice dont nous devons triompher pour conserver un corps sain apte à héberger une âme saine.

Timide le Lunaire envieux

Timide

Est sous la domination du péché capital de l’Envie en liaison avec la Lune. Blanche Neige va lui insuffler la vertu cardinale de la Justice. Le règne de la Lune représente la fin de l’œuvre au noir en alchimie opérative.

L’envie est le troisième vice dont nous devons triompher. Nous devons assouvir nos besoins frustrations par de nobles motivations sans jalouser les biens ou succès d’autrui.

Grincheux le Martien colérique

Grincheux

Est dominé par le péché capital de la Colère en liaison avec la planète Mars. Blanche Neige va l’enjoindre à la Prudence vertu cardinale opposée.

Le règne de Mars marque la fin de l’œuvre au blanc la Pierre au blanc va abandonner son aliment lacté pour se sevrer au sel rutilant de Mars et teinter la chevelure de Vénus.

La colère est le 4ème vice dont nous devons triompher pour éviter les emportements nuisibles à l’empathie et à la sérénité.

Joyeux le Vénusien lubrique

Joyeux

Est sous la domination du péché capital de la Luxure en liaison avec la Vénus. Blanche Neige va lui enseigner  la première vertu théologale : la Charité. Le règne de Vénus marque le début de la coagulation de la Pierre.

La luxure est le cinquième vice à combattre. Nous devons apprendre à aimer pour donner sans nous contenter d’en tirer un plaisir personnel.

Atchoum le Mercurien avaricieux

Atchoum

Est dominé par le péché capital de l’Avarice en liaison avec la planète Mercure. Blanche Neige va lui faire comprendre que l’Espérance, seconde vertu cardinale l’emporte sur les jouissances matérielles.

Mercure symbolise le mercure solidifié ou Pierre au blanc.

L’avarice est le 6ème vice dont nous devons triompher pour ne pas être aveuglés par la jouissance illusoire des biens matériels que le messager Mercure ne nous permettra pas d’emporter dans l’au delà..

Prof le Solaire orgueilleux

Prof

Est sous la domination du péché capital d’Orgueil lié au Soleil.

Blanche Neige va lui insuffler la troisième vertu théologale : la Foi. Le règne du Soleil marque le couronnement de la fameuse Pierre Philosophale.

L’Orgueil est le septième et dernier vice à combattre. Nous devons apprendre l’humilité car la Foi est seule garante de la Sagesse.

La Foi permet de ne pas mépriser le prochain qui peut paraître provisoirement moins avancé que nous sur le chemin.

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Symbolisme du jeu de l’oie

Symbolisme du jeu de l’oie

Avertissement

Nous remercions Olivier pour nous avoir confié ce bel article sur la symbolique du jeu de l’oie. Nous attirons toutefois votre attention sur le fait que les éditeurs successifs de jeux de société ont apporté leur touche personnelle dans le choix des symboles voire dans leur ordonnancement. Nous n’avons pas retrouvé le tapis dont s’était inspiré l’auteur au moment ou il avait rédigé ce texte. Les discordances que vous pourrez déceler entre les illustrations dont nous avons cru bon d’orner le texte ne changent en rien la finalité et la portée ésotérique du jeu.

Le lecteur doit comprendre que la vertu de tout symbole est d’être fortement connotatif et que le fond doit toujours l’emporter sur la forme. Les différences constatées loin de nous perturber doivent au contraire nous encourager à méditer sur leur origine possible et les enseignements que nous pouvons en tirer. Nous avons tous des parcours et des cheminements différents sur le chemin mais ils ont tous le même but quels que soient les accidents et joies rencontrés sur nos parcours respectifs.

Introduction

Intrinsèquement, le jeu est un symbole de lutte contre la mort (jeux funéraires), contre les éléments (jeux agraires), contre les forces hostiles (jeux guerriers) ou contre soi-même (contre sa peur, ses faiblesses et ses doutes).

À l’origine, le jeu est lié au sacré et peut revêtir une fonction initiatique au-delà de son aspect ludique.

Ainsi, nous verrons que la tradition ésotérique considère le Jeu de l‘Oie comme un labyrinthe.

L’alchimiste FULCANELLI y décèle, quant à lui, l’un des recueils des principaux hiéroglyphes du Grand Œuvre.

La plus ancienne mention du Jeu de l’Oie remonte à la Cour des Médicis à Florence en 1580 même si certains datent son invention de la guerre de Troie (cf. note in fine) on note déjà sa présence dans les tombes égyptiennes.

A la Renaissance, on parle du « noble jeu renouvelé des Grecs » pour évoquer ce jeu de hasard populaire dont nous tenterons de montrer que les règles, å la portée des enfants, peuvent revêtir une signification plus subtile pour I ‘initié.

Un vieux mot français confirme le véritable sens que l’on doit accorder å ce jeu.

Il s’agit du verbe « oyer », entendre, d’où le nom d’« oye », d’oreille.

Le « noble jeu de l‘oye » peut donc devenir le jeu de I ‘entendement.

Le jeu

Le Jeu se présente sous la forme d’une spirale de 63 cases, enroulée vers I ‘intérieur et comportant un certain nombre de pièges.

On peut y voir symboliquement la reproduction imagée de l’existence humaine parsemée de pièges, d’événements heureux, de progrès et de luttes sans oublier la mort.

C’est donc å un véritable parcours initiatique auquel le joueur est convié, à une métaphore du cycle de la vie au centre duquel figure l’accomplissement de l’individu auquel le joueur parviendra selon le hasard des dés, contrairement au chemin de l’initié qui ne repose que sur le travail accompli sur un chantier toujours en construction.

Les règles du jeu de l’oie

 

L’oie dans l’histoire de la tradition

Avant de s’intéresser plus spécifiquement au Jeu lui-même et tenter d’en percer l’ésotérisme à travers l’étude de ses cases les plus emblématiques, il convient de s’attarder quelques instants sur le symbolisme de l’Oie.

En tant qu’oiseau, l’Oie est prédisposée à servir de symbole aux relations entre le ciel et la terre.

Sous sa forme sauvage, l’ensemble des civilisations lui ont accordé une forte connotation symbolique.

Si elle apparaît pour les chinois contemporains comme le symbole de la fidélité conjugale en raison de la régularité de ses migrations, elle est, au commencement, le symbole du signal, de la vigilance.

On peut ainsi se référer aux oies sacrées du Capitole à Rome, élevées autour du Temple de Junon, sensées pressentir le danger, et qui donnèrent l’alerte pour empêcher l’invasion des barbares gaulois.

En Égypte, les pharaons furent identifiés au Soleil (Râ) et leur âme fut représentée sous la forme d’une Oie, attribut du dieu Geb, dieu de la Terre appelé Le Grand Caqueteur parce qu’il avait produit l’Œuf Cosmique ou œuf primordial qui est cité dans Le Livre des Morts des Égyptiens comme l’œuf lumineux pondu par l’Oie Céleste et couvé à l’Orient.

Cet œuf était supposé renfermer I ‘architecture harmonique du monde comprenant à la fois le macrocosme et le microcosme.

Qualifié de chef de l’Ennéade, qui regroupe les neuf grands dieux de l’univers mythologique égyptien, Geb est souvent représenté avec une oie sur la tête.

De même, l’avènement d’un nouveau pharaon était notamment annoncé par un lâché de quatre oies sauvages aux quatre coins cardinaux afin que nul n’ignore le nom du nouvel élu.

Il est stupéfiant de noter que les égyptiens utilisaient I ‘expression « d’oie en oie » pour signifier la réincarnation, le passage de la mort à la renaissance, l’Oie accompagnant les âmes des défunts dans leur voyage vers l’au-delà.

On comprend donc que cet oiseau au plumage blanc immaculé soit progressivement devenu un animal solaire et qu’en Afrique du Nord une coutume encore vivace le sacrifie lors de la période critique du changement d’année.

On conclura sur l’Oie en observant la forme caractéristique de sa patte qui a pu évoquer les Maîtres Templiers dont la croix pattée de gueules est le symbole le plus connu qui a traversé les siècles, gravé ou sculpté dans la Pierre : elle ouvre ses extrémités aux quatre points cardinaux et ses quatre branches égales évoquent les quatre évangélistes ou les quatre éléments.

On le voit, l’Oie est un animal qui mérite attention par-delà l’image quelque peu désuète et simpliste que la sagesse populaire a assigné à cet oiseau de basse-cour même si Les Contes de la Mère l’Oie peuvent revêtir pour certains un caractère hermétique.

Principaux symboles du jeu

Le jeu comprend 63 cases. La  numérologie nous montre que 6 + 3 = 9 ; chiffre éminemment symbolique qui est par exemple celui de l’arcane de l’Ermite dans le Tarot et qui représente la recherche de la lumière intérieure.

Le chiffre neuf est le carré du nombre 3. Ce chiffre des trinités fondatrices se retrouve sur le Jeu de l’Oie et les volatiles sont disposés sur des cases de manière à faire allusion à des multiples de neuf.

La spirale du nombre d’or

Le Jeu se présente comme un tracé en forme de spirale labyrinthique à parcourir pour arriver à la Connaissance, à la Lumière.

Il nous faut examiner maintenant ces deux symboles.

À elle seule, la spirale mérite assurément un article complet tant cette figure est chargée de significations symboliques dans toutes les civilisations.

On simplifiera à outrance en retenant qu’elle évoque l’évolution d’une force et symbolise, pour les civilisations primitives, le voyage qu’accomplit l’âme du défunt après sa mort jusqu’à sa destination finale.

Elle est partout présente dans la nature, visible sur la coquille de l’escargot ou invisible sous la forme hélicoïdale de l’ADN au sein du génome humain.

La spirale plane que représente le Jeu de I ‘Oie s’apparente plutôt à un Labyrinthe qui fait retour à son centre en une involution pour aboutir à I ‘Eden de la dernière case représenté par le Jardin de l’Oie.

Le hasard des dés peut aboutir à faire un retour sur des cases antérieures et ainsi à régresser en un mouvement involutif.

Les deux sens de ce mouvement, involution et évolution, peuvent alors symboliser la mort initiatique et la renaissance en un être transformé.

Pour l’initié, la spirale permet de mieux comprendre la recherche initiatique : l’homme doit ainsi aller de l’extérieur vers l’intérieur pour revenir sur ses pas par le même chemin.

Labyrinthe de la cathédrale de Reims

Par définition, Le Labyrinthe, qui est représenté également sur la case 42, est le lieu où il est facile de s’égarer, de se décourager.

Originellement, c’est le palais crétois de Minos où était enfermé le Minotaure, monstre à corps d’homme et à tète de taureau d’où Thésée ne put sortir qu’à l’aide du fil d’Ariane.

Le labyrinthe est par essence le symbole de la complication, des difficultés et des épreuves du parcours initiatique que tout individu doit suivre dans la recherche du Soi, au centre de son être où s’effectue la seconde naissance.

Érigé comme système de défense, il protège un centre sacré réservé à l’initié, néophyte qui aura traversé avec succès les épreuves de l’initiation, qui se sera montré digne des Mystères et qui sera désormais lié par le secret. La transformation du Moi opérée au centre du labyrinthe, les alchimistes parleraient de transmutation, eux qui lui confèrent une fonction magique, marquera le passage des ténèbres à la lumière, la victoire du spirituel sur le matériel.

En définitive, le labyrinthe conduit également au centre de soi-même vers une sorte de sanctuaire, de temple intérieur et caché que les initiés construisent patiemment pour y accueillir leur corps de gloire.

Quelques symboles supplémentaires

Il serait vain et fastidieux, de prétendre analyser l’ensemble des cases et il peut être ludique pour chacun d’entre nous de se reporter au Jeu de l’Oie de son enfance pour identifier individuellement les symboles universels susceptibles de « lui parler » ; par exemple :

  • L’épi de blé de la case 53.
  • Les moissons de la case 43.
  • La pomme, fruit de La connaissance de la case 21 avec son pentacle central.
  • Le coq, emblème hermétique présent dès la deuxième case.

On pourra aussi utilement observer La ruche et ses abeilles de la case 40 qui peuvent symboliser la collectivité organisée, laborieuse et obéissant à des règles rigoureuses propres aux rites initiatiques.

Tout comme la vie terrestre, le jeu comporte de bonnes et de mauvaises cases. L’Oie en est le fil conducteur et ne figure que sur des cases positives.

Sa migration d’une région à une autre est pleine de surprises et d’embûches tout comme le chemin initiatique.

Si vous deviez douter encore du caractère ésotérique du Jeu de l’Oie, j ‘ai décidé arbitrairement de retenir quatre cases particulièrement symboliques pour notre démarche : le pont, le puits, l’escalier et la mort.

Le pont

Le Pont de la sixième case est la première difficulté à laquelle le joueur se trouve confronté mais c’est une case positive.

Symbole du passage spirituel de la terre au ciel, il permet de passer d’une rive à l’autre et image parfaitement le rite de passage périlleux qu’est celui de tout voyage initiatique.

Le puits

Le Puits de la case 31 est un lieu d’échange et de ressourcement à la fois physique et spirituel. C’est un lieu sacré dans toutes les traditions et il réalise, comme voie de communication, une synthèse des trois éléments : air, eau et terre.

Dans la Bible, c’est auprès d’un puits qu’ont lieu les rencontres providentielles, les pactes et les alliances.

Symbolisant également le secret, la dissimulation, notamment de la vérité, il devient pour de nombreux contes ésotériques l’image de la connaissance selon la formule : « la vérité est au fond du puits ».

Enfin, si l’on se penche au bord du puits, telle une lunette astronomique il reflété et relie les trois mondes : le ciel, la terre et les enfers.

De façon négative, il peut représenter un obstacle. Le Jeu de I ‘Oie y fait d’ailleurs tomber notre initié qui doit attendre la chute d’un autre joueur pour progresser dans le Labyrinthe.

L’escalier

L ‘Escalier de la case 39 est, quant à lui, le symbole de la progression vers le savoir, de l’ascension vers la Connaissance.

Il participe de la symbolique de l’axe du monde, l’axis-mundi, de la verticalité et de la spirale.

Pour autant, I’ Escalier se prête aussi bien à l’ascension quand on le monte qu’à la régression sur le chemin initiatique quand on le descend.

C’est tout le drame de la verticalité que le Jeu de l’Oie résume bien puisque le joueur tombant sur l’Escalier régresse de six cases.

Ces cases négatives rappellent au cherchant la difficulté de son entreprise qui nécessitera Vigilance et persévérance.

La mort

Enfin, La Mort de la case 58 représente l’ultime initiation avant d’achever le parcours terrestre.

Elle est la dernière épreuve à subir avant d’atteindre le Jardin de I ‘Oie que l’on identifiera au Paradis, à l’Eden ou à l’illumination en fonction des croyances de L’initié.

Ce n’est pas qu’une case néfaste puisque la règle du jeu impose de retourner sur la première case et donc de reprendre une nouvelle vie tel un éternel recommencement, une réincarnation sans fin que les bouddhistes nomment Samsara avant de pouvoir atteindre le stade ultime de l’illumination et de la paix intérieure du Nirvana.

Conclusion

En conclusion, on ne peut ressortir victorieux du Jeu de l’Oie qu’à la lumière de la connaissance. Il s’agit d’un chemin long et difficile, semé d’embûches, d’épreuves initiatiques que l’on se doit de parcourir seul.

Si l’objectif est d’arriver le premier à la dernière case, le jeu n’est pas pour autant terminé pour les autres participants. En effet, chaque joueur doit accomplir son propre chemin, affronter les difficultés et tenter de les surmonter avec l’aide des outils qui lui sont propres afin de parvenir au seuil de l’ultime case.

En définitive, le Jeu de I ‘Oie ne constitue pas une fin en soi mais un moyen.

Bouddha ne disait-il pas à I’attention de ses disciples : « Je t’ai montré le chemin de la délivrance, à toi de le parcourir. »

Note complémentaire sur le labyrinthe

En effet, pour certains, le Jeu de I ‘oie, en tant qu’archétype du labyrinthe, fait directement référence å la légende de Thésée et du Minotaure.

Selon la Iégende, Minos, Roi de Crète, envoya son fils Astérion en visite chez Egée, Roi d’ Athénes. Astérion fut tué accidentellement aux jeux et Minos, inconsolable et dans une grande fureur, ordonna qu’en réparation, tous les neuf ans, Egée lui envoie sept jeunes filles et sept jeunes gens qui

seraient donnés en pâture au Minotaure, créature hideuse au corps d ‘homme et à la tête de taureau.

Les soixante trois cases du jeu de l’oie pourraient ainsi faire référence à ce cycle du sept que multiplie le neuf.

 

Merci encore à Olivier pour cet article qui illustre bien que nous sommes en permanence entourés de symboles dont nous devons décrypter les analogies.

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Les grandes étapes du grand œuvre alchimique

Les grandes étapes du grand œuvre alchimique

Afin de nous doter d’un fil conducteur pour les développements qui vont suivre, il nous a semblé important de communiquer une synthèse préalable de la chronologie des phases de l’alchimie opérative dans la voie du cinabre.

La pré préparation

Elle consiste en la fabrication du Sel Philosophique. Son temps n’est pas décompté dans la durée du Grand Œuvre.

Il y a également lieu de se procurer du cinabre.

La préparation

Sa durée est de 2 mois philosophiques.

La mortification

La séparation

SOLVE

Sa durée totale est de 8 mois philosophiques qui se décomposent comme suit :

SOLVE I

La Mondification

Sa durée est de 1 mois philosophique.

La Putréfaction ou « l’Œuvre au Noir »

Sa durée aussi dénommée « Règne de Saturne » est de 5 mois philosophiques.

La « Décapitation du Corbeau »

Marque la transition entre SOLVE I et SOLVE II.

SOLVE II

C’est la Végétation ou « l’œuvre au Vert ». La couleur passe du gris (le règne de Jupiter) au vert (la végétation). Sa durée est de 2 mois philosophiques.

COAGULA

Sa durée globale est de 16 mois philosophiques qui se répartissent comme suit :

L’Albification ou « l’Œuvre au Blanc »

Elle dure 7 mois philosophiques c’est le règne de la Lune (ou de Diane).

La Rubification ou « l’Œuvre au Rouge »

S’échelonne sur 9 mois philosophiques qui se subdivisent comme suit :

La séquence au Jaune

Le règne de Vénus va durer 2 mois philosophiques.

La séquence à l’Orange

Le règne de Vénus va faire place au règne de Mars durant 4 mois philosophiques.

La séquence au Rouge

Durant ces 3 mois philosophiques qui marquent le règne de Mars, la Pierre va se teinter au rouge (Soleil).

La MULTIPLICATION

La première multiplication a une durée de 2 mois philosophiques qui marquent la fin des 28 mois philosophiques du Grand Œuvre.

Nous avons tous plus ou moins entendu parler des étapes simplifiées telles qu’illustrées dans l’image du bandeau ci-dessus :

  • Œuvre au noir
  • Œuvre au blanc
  • Œuvre au rouge

La chronologie mentionnée dans la colonne de gauche est plus détaillée.

La fontaine du soleil de Nice ci-dessus est une interprétation alchimique intéressante du processus alchimique (elle sera approfondie dans un prochain article).

La chronologie du grand œuvre suggère une analogie intéressante entre :

  • notre système solaire.
  • la fabrication de la pierre philosophale.
  • notre progression personnelle sur la voie initiatique.

Cette analogie nous fait passer successivement de :

  • La Terre (nous et notre corps physique, la materia prima de l’alchimiste).
  • Saturne (nos souffrances face aux permanentes épreuves de la vie).
  • Jupiter (notre travail plein d’espérances).
  • La Lune (l’acceptation « zen » de notre condition humaine et de nos 2 dragons ; voir notre article à ce sujet ).
  • Vénus (notre aptitude à rayonner d’amour et comprendre notre prochain).
  • Mars (nos combats pour progresser, tirer les enseignements de nos erreurs et transmettre nos acquits) .
  • Soleil (le but final, le corps de gloire tant espéré).

Nous noterons bien sur la présence de Mercure dans cette illustration de nos planètes « alchimiques » !

Mercure est le messager des dieux il symbolise notre âme et son évolution dans notre processus initiatique.

Mercure est aussi bien sur, et comme nous le verrons, un important composant de la materia prima du grand œuvre.

Une autre analogie fondamentale de l’alchimie est celle entre les planètes et les « sept métaux purs » qui sont : 

  • L’or associé au Soleil,
  • L’argent associé à la Lune,
  • Le mercure associé logique de Mercure,
  • Le plomb et Saturne (qui engendre le saturnisme),
  • L’étain associé à Jupiter,
  • Le fer associé à Mars,
  • Le cuivre associé à Vénus (voir les cheveux cuivrés de la célèbre Vénus de Boticcelli).

Nous noterons avec intérêt que la durée du Grand Œuvre est en analogie avec le cycle lunaire et le cycle menstruel de la femme.

 

Le nombre 28 combine les temps cycliques régis par les chiffres 4 et 7. 

 

Notre peau se régénère en 28 jours.

 

La Thora nous enseigne qu’il existe 28 lettres de la création, le tétragramme sacré YHWH est en analogie avec les 28 phalanges de nos deux mains, etc.

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Le triangle de Karpman

Le triangle de Karpman

Le Triangle de Karpman, est un outil inventé (dans les années soixante) par le psychologue dont il tire son nom. Son but est d’expliquer de fréquents problèmes relationnels.
Pour ce faire Karpman distingue 3 grands rôles :

  • Le Persécuteur : Il persécute en agressant, humiliant ou rabaissant la Victime.
  • Le Sauveteur : Il perçoit la Victime comme inférieure et lui vient en aide à partir d’une position supérieure.
  • La Victime : Elle se sent inférieure et va rechercher soit un Persécuteur soit un Sauveteur.

Tout le monde, à un moment ou à un autre de sa vie joue à ce Jeu psychologique, de manière inconsciente. Les rôles par contre, ne sont pas fixés, et l’on passe très facilement de la Victime au Persécuteur ou au Sauveur.

Dans ce Jeu toutefois, aucun des trois acteurs n’a envie de voir la situation changer ; chacun est satisfait de son rôle et en retire un intérêt personnel, créant ainsi un certain équilibre.

La Victime ne veut pas sortir de son rôle de victime, le Sauveur ne cherche pas vraiment à aider la victime, et le Persécuteur ne cherche pas non plus à enfoncer la victime, ils font tous semblant, comme dans une pièce de théâtre.

N.B : L’on retrouve également cette structure dans les contes dramatiques pour enfants :

Exemples :

  • Blanche-Neige, la méchante belle-mère, et le prince charmant.
  • Le chaperon rouge, le loup et le chasseur.
  • Cendrillon, sa famille et le prince…

Pour aller plus loin sur ce thème, vous pouvez consulter notre présentation Prezi© en cliquant sur le lien ci-dessous.

Triangle de Karpman

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Le feu énergétique de nos dragons

Le feu énergétique de nos dragons

La vie ne dure que si nos dragons sont actifs

Ce titre nous explique aussi l’aspect terrifiant de ces mêmes dragons qui, dans le monde occidental, sont présentés comme l’ennemi numéro un de l’homme.

La chrétienté invite ses fidèles à terrasser ce dragon, à l’instar de Saint Michel et de Saint Georges.

En fait ces dragons asiatiques et occidentaux ne font qu’un. Le mieux que nous puissions attendre de notre existence avant notre « passage » est donc d’apprivoiser et domestiquer nos dragons intimes.

Une seule chose est certaine : quand nos dragons respectifs mourront, nous ne leur survivrons pas dans cette incarnation !

Plus un humain se situe (momentanément ou en permanence) sur les degrés inférieurs de l’échelle de Maslow, plus il est vulnérable à l’influence des arguments tentateurs de son environnement social et économique.

Il est ainsi le jouet inconscient de ses passions !

Nos passions sont les filles de nos motivations qui sont elles mêmes le fruit des 7 péchés capitaux et des 7 vertus.

 L’initié doit donc commencer par faire la connaissance de son dragon personnel pour pouvoir ensuite le domestiquer et enfin l’utiliser en parfaite connaissance de cause en fonction des orientations qu’il souhaite donner à son Karma lors de cette incarnation… Mais ceci est un autre débat !

En fait ce dragon qui nous est personnel présente deux corps étroitement imbriqués. Nous les désignerons sous les noms de dragon jaune et dragon rouge, ce qui nous semble conforme aux diverses traditions telles que nous les comprenons à ce jour.

L’image ci contre illustre le conflit permanent qui oppose en nous les 7 péchés capitaux aux 4 vertus cardinales et 3 vertus théologales.

Chaque péché s’oppose à une vertu, et nos agissements oscillent en permanence entre les deux comme un pendule, avec une plus ou moins grand amplitude.

Le dragon jaune :

C’est notre corps physique en analogie avec le soufre philosophal du cinabre. Ce corps à des besoins et des passions très matériels qui sont sous l’emprise des 4 péchés capitaux en lutte avec les 4 vertus cardinales.

Pour les alchimistes, c’est notre corps physique en analogie avec le soufre philosophal du cinabre. Ce corps à des besoins et des passions très matériels qui sont sous l’emprise des 4 péchés capitaux en lutte avec les 4 vertus cardinales.

Le dragon rouge :

Est en analogie avec le mercure des alchimistes, c’est à dire notre âme incarnée. Cette âme répond à des passions gouvernées par les 3 derniers péchés capitaux en lutte avec les 3 vertus théologales..

Les 14 pièges sur le sentier de la sagesse

Comme il est aisé de le comprendre à travers les articles sur les besoins motifs mobiles et motivations, tant que nous ne nous connaissons pas nous même, il nous est impossible de connaître les réelles motivations qui nous poussent à agir.

Nous sommes dès lors notre propre ennemi car les mobiles que nous évoquons pour justifier nos actions ne sont que le fruit de motivations (vices ou vertus) plus ou moins nobles.

En d’autres termes nous ne cessons de nous mentir à nous même !

Plus grave encore : nous courrons en permanence le risque d’être le jouet de manipulateurs (conscients ou inconscients) qui vont faire en sorte de transcender nos passions les plus viles pour assouvir leurs propres démons.

Les 14 pièges ne sont en fait que la mauvaise interprétation de nos motifs et mobiles (voir l’iceberg) des 7 péchés capitaux en lutte avec les 4 vertus cardinales et les 3 vertus théologales.

Tous sont trompeurs :

des actes d’apparente charité ne sont-ils pas la manifestation de notre orgueil ? Cet orgueil qui peut nous pousser à vouloir être reconnu comme charitable alors que ce n’est pas la véritable motivation qui nous pousse. Dans ce cas nous nous trompons nous même tout en trompant les autres.

Citons quelques exemples que l’on pourrait sans doute multiplier à l’infini.

  • Savons nous toujours reconnaître ceux qui nous flattent pour vivre à nos dépends ?
  • Ne confondons-nous jamais amour avec luxure ?
  • Quand nous dévalorisons l’intérêt d’un but à atteindre ; n’est ce pas le fruit de notre paresse voire de notre caractère envieux ou notre couardise ?

Tout ceci pour dire qu’un humain, qu’il soit initialement ou non un chercheur sincère, peut très vite se trouver manipulé ou s’auto corrompre au contact de ce qu’il vit dans le cadre de son groupe initiatique.

Le fait d’engranger du savoir peut conduire à engranger des honneurs. Ces honneurs peuvent exacerber un orgueil qui ne se manifestait guère auparavant.

La paresse ou l’appât du gain peuvent aussi conduire à abuser de la fraternité des autres.

En conclusion

Tant que l’homme est homme, tous ces risques sont inévitables.

Essayons de ne pas encourager un système ou des comportements propices à la propagation exponentielle de ces risques ; alors que notre but initiatique est totalement à l’opposé.

Il ressort d’observations communes avec quelques cherchants que j’ai eu le privilège de côtoyer qu’il est assez facile de « déceler » ceux qui, après quelques années de travail, semblaient avoir largement progressé sur le chemin des vertus cardinales.

La maîtrise du dragon jaune se manifeste ainsi à travers le fait qu’il nous est aisé de côtoyer des êtres qui privilégient la force à la paresse, la justice à l’envie, la prudence à la colère et la tempérance à la gourmandise.

Toutefois, il semblerait que les efforts accomplis dans ces domaines et les victoires qui les couronnent ont trop souvent tendance à créer des frustrations conscientes ou inconscientes qui se manifestent par une exacerbation des penchants liés à l’avarice l’orgueil et la luxure…

Les voies initiatiques n’auraient-elle pas tendance à être trop intellectuelles en négligeant l’aspect AMOUR alors qu’elles s’en défendent ?

Les difficultés rencontrées sur le chemin ne génèrent elles pas des doutes et un fléchissement de l’espérance qui se réfugie dans l’avarice des biens matériels ?

Le sentiment de devenir « plus savant » n’émousse t’il pas une Foi qui se mue en une espèce de certitude et génère de l’orgueil ?

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Comprendre les motivations

Comprendre les motivations

1. Le processus des motivations

L’homme n’est pas toujours libre d’agir à sa guise en exprimant ses motivations personnelles :

Elles sont ses MOTIVATIONS INTRINSEQUES.

Une grande partie de son comportement se trouve régie par des forces venant de l’environnement extérieur. Ces forces ont un effet de stimulation.

Elles sont ses MOTIVATIONS EXTRINSEQUES.

2. Les motivations extrinsèques

Les motivations extrinsèques sont les forces qui nous animent de l’extérieur.

Elles peuvent être :

  • actives (elles nous incitent à …) ;
  • ou restrictives (elles nous obligent à …).

Ces pressions sont d’ordre physique et social :

  • Les pressions physiques sont exercées par :
  • les éléments naturels : climat, cataclysmes, etc.
  • les éléments physiologiques : maladie…
  • les éléments sociologiques : urbanisme, conditions de travail…
  • Les pressions sociales sont exercées par :
  • l’environnement culturel : éducation, groupe, publicité, politique…
  • l’environnement professionnel : entreprise, syndicats…
  • l’environnement familial : conjoint, enfants, parents, amis

3. Les motivations intrinsèques

Du point de vue individuel, le comportement peut être expliqué de façon rationnelle ou affective :

De façon rationnelle :

Nous apportons une explication « politiquement correcte » pour notre entourage, c’est à dire une justification logique de notre acte : c’est le MOTIF.
Ce motif pourra être :

  • ponctuel (valable dans un seul cas),
  • social (valable par rapport aux autres).

 De façon affective :

Nous donnons une raison qui nous est propre, c’est à dire un prétexte sentimental à notre comportement : c’est le MOBILE.
Ce mobile pourra être :

  • temporaire : (fonction de l’humeur du moment),
  • personnel (valable par rapport à soi).

Par exemple l’achat d’un véhicule de luxe « tendance » pourra tout à la fois tenter de se justifier par :

  • MOTIF : Pour remplacer ma vieille voiture.
  • MOBILE : J’ai envie d’une voiture élégante.

 

 

Mais cette explication est superficielle :

Le motif et le mobile ne sont que la traduction,
l’expression indirecte de nos réelles motivations.

Pour comprendre pourquoi cette explication n’est que superficielle, nous devons réaliser que nos motivations sont :

  • Plus ou moins conscientes : nous ne sommes pas nous-mêmes totalement conscients de ce qui nous pousse à agir. Par exemple : beaucoup de parents aimeraient que leur enfant fasse tel ou tel métier. Ils donnent à cela beaucoup de raisons valables : bon métier, avenir assuré… Sont-ils conscients d’avoir peut-être souhaité faire eux-mêmes ce métier, sans avoir pu réaliser ce rêve.
  • Plus ou moins exprimables : même si nous les connaissons. Il peut par exemple être difficile d’exprimer que l’achat d’un véhicule puisse répondre à nos motivations de frimeur…

4. Les composantes de la motivation

 

 

 

Ce qui nous pousse à agir appartient pour une grande part au domaine de l’irrationnel, et se présente comme cet iceberg dont la partie apparente pourrait s’appeler « la raison » et la partie immergée : « l’affectivité ».

Or, cette affectivité guide notre comportement dans une très large part, et plus que de raison.

Les Techniciens de la vente ont depuis longtemps compris que l’être humain n’agit que sous le joug d’une ou plusieurs motivations simultanées, Ils les classifient par familles mnémotechniques.

Par exemple la méthode ‘’SONCAS‘’:

  • S ympathie
  • O rgueil
  • N ouveauté
  • C ommodité
  • A rgent
  • S écurité

Pour un vendeur Initié la méthode ‘’PASSION’’  ci-contre répond au septénaire.

Nous verrons plus tard qu’il est possible d’aller plus loin encore en exploitant la méthode de l’énnéagramme qui classifie les êtres humains en 9 familles.

Si l’on veut bien considérer attentivement les méthodes commerciales, « SONCAS » ou « PASSION » n’ont d’autre intérêt que de dissimuler pudiquement que nous n’agissons qu’à travers nos besoins désirs et motivations.

Nos véritables motivations sont les vices et les vertus qui en nous se combattent.

Il résulte de tout ce qui précède qu’un être qui n’a plus de besoins et qui se trouve dépourvu de toutes motivations n’est autre qu’un trépassé.

Plus de besoins, plus de passions, plus d’action, donc plus de vie !

C’est selon nous la raison essentielle pour laquelle le dragon asiatique est le charismatique symbole de vie. Mais ce dragon possède une autre face, s’il insuffle en nous le feu du Créateur qui est feu de vie, il est aussi, comme nous allons le voir, l’enveloppe symbolique de toutes nos passions.

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Les frustrations

Les frustrations

1. Origines des frustrations

L'origine des frustrations remonte à un stimulus qui se manifeste par l'intrusion d'un besoin ou d’un désir résultant d’une motivation intrinsèque ou extrinsèque.

Ce stimulus donne naissance à un état de tension.

Si le besoin engendré est satisfait, la frustration n'apparaîtra bien sur pas, par contre, elle naîtra si ce besoin ne peut pas trouver une source de satisfaction.

Lorsque par exemple, nous éprouvons un sentiment de faim, un repas évitera la frustration,  le maintien du jeûne donnera naissance à une frustration.

A la naissance de l'obstacle empêchant la satisfaction du stimulus, il est possible de trouver un but de substitution, qui évite de tomber dans la frustration. Dans notre exemple de la faim, le fait de fumer une cigarette peut représenter pour certains une substitution évitant d'éprouver une frustration consécutive à ce besoin de nourriture.

2. Comment les frustrations se manifestent-elles ?

Les frustrations peuvent se manifester de diverses manières qui sont de nature psychologique ou somatique :

  • agressivité directe ou indirecte (physique, verbale...) ;
  • régression (gaminerie, infantilisme...) ;
  • apitoiement sur soi ;
  • fixation corporelle (maladies psychosomatiques : ulcères, infarctus...) ;
  • autodestruction (suicide, mutilation...) ;
  • dévalorisation (cela n'en vaut pas la peine...) ;
  • politique de l'autruche (ne pas voir les problèmes, les refuser) ;
  • activisme (travailler tout le temps et avancer) ;
  • drogues physiques et spirituelles ; utopie :
    • hypertrophie :  idéalisation, exagération;
    • hyper analyse : intellectualisme (perte du sens du concret, fuite).

3. Les remèdes contre les frustrations

Les remèdes reposent tous sur des solutions ou des substitutions :

  1. Ne pas se créer de problèmes : être clair, objectif ;
  2. Faire parler : dégonfler la frustration en la laissant s'exprimer ;
  3. Changer le contexte ;
  4. Sublimation, idéalisation : faire ressortir la valeur de l'acte accompli ;
  5. Donner des compensations, de la considération, des signes extérieurs de richesse...;
  6. Mais surtout : supprimer l'obstacle (c'est à dire annihiler la frustration en satisfaisant le besoin).

Le dernier remède contre la frustration est souvent le grand dilemme de l’initié.

Ce remède résulte de la prise de conscience de la nature des passions qui génèrent nos frustrations. Il s'impose quand nous ne trouvons pas un but de substitution "convenable" pour l’assouvir.

C’est entre autres pourquoi, quel que soit notre niveau d’élévation spirituelle, nous devons hélas souvent succomber à des passions qui nous paraissent viles pour éviter les effets plus dévastateurs encore de frustrations induites.

Le maître doit savoir se créer des priorités d’action et apprécier quand et pourquoi il doit laisser volontairement le chien guider le maître !

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Les besoins et les désirs

Les besoins et les désirs

1. Les besoins

Les besoins ont un rôle essentiellement défensif et visent à un retour de notre être à la normale. Le fait de ne pas les satisfaire entraîne un douloureux sentiment de manque, susceptible de générer un état de frustration (voir ci après). Par exemple : l’absence de sommeil, la faim, la soif…

La réponse à ces besoins annule une insatisfaction, mais n’a pas d’effet moteur. A titre d’exemple, le fait de se réveiller le matin après une bonne nuit de sommeil n’est pas en soi motif à se lever.

Les besoins sont des facteurs d’insatisfactions répétitives :

  • Un besoin ne se satisfait pas une fois pour toutes…
  • Le manque se recrée de lui-même à partir d’un certain acquis.

2. Les désirs

Les désirs ont un rôle beaucoup plus offensif que les besoins. Il s’agit pour la personne d’acquérir un plus, de se développer (par exemple : se sentir responsable).

La réponse à ces désirs procure une satisfaction suffisante pour donner l’envie d’aller plus loin. Ils permettent de maintenir durablement une activité à un haut niveau en fonction du but poursuivi, grâce au plaisir que l’on en retire (exemple : le désir de créer pour un artiste).

Contrairement aux besoins, les désirs sont des facteurs de satisfaction.

Ils sont différents selon les individus. Par exemple : pour l’un, la sécurité prime tout, pour l’autre, ce sera l’intérêt au travail, etc.

Il faut bien comprendre qu’un même facteur peut, pour un même individu, répondre à la fois à un besoin et à un désir (par exemple : la gastronomie).

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La pyramide de Maslow

La pyramide de Maslow

1. Généralités

Ainsi que l’ont classifié divers psychosociologues, l’iceberg de l’âme humaine est hiérarchisé selon une pyramide ou une échelle (dite de Maslow) comportant 5 degrés.

Un homme, quel qu’il soit, cherche successivement et par priorité décroissante à satisfaire :

  1. Ses besoins physiologiques : faim, soif, sommeil.
  2. Ses besoins de sécurité : logement protection.
  3. Ses besoins sociaux : vie en société, appartenance à un groupe.
  4. Ses désirs psychologiques : se réaliser, être reconnu.
  5. Ses motivations spirituelles : surmonter la peur de la mort.

Pour pouvoir entreprendre avec des chances de succès un chemin initiatique, un être humain doit (fut ce provisoirement) avoir élevé sa vie sur le 5 ème barreau de l’échelle de Maslow.

C’est pourquoi (entre autres) les sociétés initiatiques exigent souvent des candidats socialement sereins et croyants en une puissance créatrice.

De ce fait, l’échelle de Maslow génère une véritable pyramide sociale.

Les sociétés initiatiques sont à juste titre considérées comme élitistes. Il ne faut surtout pas y voir une volonté « d’écarter les pauvres en richesses ou en instruction » mais simplement le fait que l’accession au cinquième degré de la Pyramide de Maslow implique que nos besoins matériels nous paraissent assouvis et que nos capacités intellectuelles nous aient permis d’obtenir un statut social apte à nous satisfaire.

2. Les pièges

Hélas le niveau des besoins matériels sociaux et psychologiques d’un être humain est profondément dépendant des déséquilibres engendrés par ses désirs et ses motivations.

Comme nous le verrons, ces déséquilibres sont générés par ce que nous appellerons le conflit des dragons. Ce conflit réside dans les difficultés que rencontre tout être qui cherche à « polir sa pierre » pour mener sa vie dans un état d’équilibre instable entre le vice et la vertu.

Un homme n’ayant pas assouvi sa soif de biens matériels ou qui doit lutter pour assurer le gite et le couvert de sa famille n’est pas dans des dispositions lui permettant de se consacrer à une spiritualité non dogmatique.

Certes nous ne devons pas lui ôter notre amitié voir notre aide si nous le pouvons (dans le respect des lois de notre pays et de nos devoirs envers notre famille) ; mais il n’a pas sa place dans un groupe initiatique authentique tant qu’il n’a pas trouvé un statut social apte à le satisfaire pleinement.

De même, comme nous l’avons tous (ou presque) désormais bien compris un homme solidement campé sur les trois premiers niveaux de la pyramide de Maslow et qui fait montre d’insatiables désirs psychologiques de pouvoir et/ou de reconnaissance par l’argent, ne saurait vivre une démarche spirituelle conforme à l’éthique spirituelle.

2. Maintenir notre vigilance

Nous devons aussi être conscients que nos positions respectives sur les degrés de la pyramide de Maslow ne sont pas immuables. Un cherchant aujourd’hui authentique pourra peut être régresser plus tard selon les aléas d’évolution de ses passions et de son contexte social… Nous y reviendrons en temps et heure.

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