Le minerai

Le cinabre est un minerai de couleur rougeâtre : le sulfure de mercure (HgS).

Il est essentiellement composé de mercure et de soufre, le tout enchâssé dans une gangue terreuse que l'on appelle les terrestréités.

La “voie du cinabre” tire son nom de cette materia prima qui est une véritable trinité minérale composée de mercure et de soufre (les vulgaires) ainsi que de sel (le Sel Philosophal en quantité infinitésimale).

Le soufre est de couleur jaune et le mercure parfois désigné sous le nom de vif argent est de couleur argentée. Le cinabre tire sa couleur rougeoyante du liant qu’est le sel philosophal.

Un kilogramme de cinabre contient environ :

  • 300 grammes de soufre et,
  • 700 grammes de mercure (148,5 cm3 de soufre et 51,5 cm3 de mercure).

Les principaux gisements de cinabre se trouvent en Espagne à Almaden, en Italie, en Chine. On en trouve également en France dans le Tarn.

La collecte du cinabre s’opère de préférence en avril (bélier), période durant laquelle le minerai est le plus riche en mercure des philosophes (en cette période de l’année, le minerai suinte de petites perles argentées).

Le mercure et le soufre

Le mercure et le soufre sont deux des constituants de base de la nature. Ils sont répertoriés en tant que tels dans la table périodique de classification de Mendeleïev.

Le numéro atomique du mercure est 80, c’est le seul métal liquide dans les conditions normales de température et de pression atmosphérique. Son symbole « Hg » provient du latin hydragyrum qui signifie « argent liquide ». Les alchimistes l’ont aussi appelé « vif argent » en le représentant par le symbole de la planète mercure (d’où son nom actuel).

 

 

 

 

Le soufre tire son nom du latin « sulpur ». Son symbole est « S », son numéro atomique 16. Il est donc exactement cinq fois plus léger que le mercure. Le soufre est un non métal. Il est à noter que les non métaux constituent la très large majorité des atomes des êtres vivants.

Les alchimistes l’ont symbolisé par un triangle surmontant une croix.

 

 

Symbolisme du cinabre

 

Le cinabre est parfois désigné par « trois en un »  ou « unité trine » (sel soufre et mercure) et symbolisé par trois petits pélicans dans un seul nid.

Nous pouvons aisément assimiler le profane à la matière première des alchimistes. Cette matière vit dans la dualité (soufre et mercure ou corps et âme), sans avoir pris conscience du fait qu’elle est triple (unifiée par le sel philosophal rouge ou parcelle divine, feu divin, esprit).

Le Grand Œuvre ne pourrait pas s’accomplir sans la présence du sel philosophal. Le candidat alchimiste qui envisagerait d’entreprendre la fabrication de la Pierre au moyen de soufre et de mercure industriels ne saurait prétendre réussir un jour.

En effet le soufre et le mercure que l’on trouve dans le commerce proviennent d’un minerai qui a été chauffé par un feu vulgaire. Durant ce traitement industriel le sel philosophal (l’indispensable parcelle divine) s’évapore dans l’atmosphère ce qui rend le soufre et le mercure impropres à la conduite du Grand Œuvre.

De même, les sociétés initiatiques traditionnelles exigent que les candidats soient croyants et aient donc, un jour ou l’autre, pris appui sur le cinquième échelon de l’échelle de Maslow.

Vouloir initier un non croyant reviendrait à vouloir réaliser le Grand Œuvre avec du soufre et du mercure du commerce.

Les traitements successifs que l’alchimiste va appliquer au cinabre ainsi que leurs effets sont en analogie avec l’être profane et les épreuves et travaux d’un parcours initiatique réussi.

Le cinabre dans les traditions asiatiques

Le cinabre ou le vermillon est le sulfure de mercure minéral naturel (HgS). Le mercure inorganique comme le mercure trouvé dans le cinabre est la forme la moins toxique du mercure et a une longue histoire dans la médecine traditionnelle chinoise, le maquillage romain antique, le marquage du front Hindu Bindi et le marquage des cheveux Sindoor, mais il doit toujours être considéré comme toxique et manipulé avec soin, en particulier sous forme de poudre.

Le sindoor

Le sindoor est une poudre vermillon qui orne le dessus du front jusqu’à couvrir une partie de la raie des cheveux de la femme indienne (appelé maang). Le sindoor est le symbole de la femme mariée. Les jeunes filles et  les veuves n'ont pas le droit de le porter.

Le sindoor est fabriqué à partir du curcuma, du citron et du cinabre.

Le tilak

Le tilak est le point sur le front, symbole religieux hindou. Le tilak est posé sur le sixième chakra (« ajna ») ; il représente le troisième œil, ou l’œil de l’esprit, associé aux divinités et aux concepts de méditation et d’illumination spirituelles. Il était à l’origine réservé aux « porteurs de la connaissance » : les idoles, les prêtres, les ascètes.

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