Mois : février 2020

Le papyrus d’Hunefer 2/3<br>les outils et l’action

Le papyrus d’Hunefer 2/3
les outils et l’action

Les outils

La croix ankh

La croix ansée est le symbole de millions d’années de vie future.

  • Son cercle est l’image parfaite de ce qui n’a ni commencement ni fin : il représente l’âme qui est éternelle parce qu’elle est issue de la substance spirituelle des Dieux ;
  • la croix figure l’état de transe dans lequel se débattait l’initié. Plus exactement, la croix représente l’état de mort, la crucifixion de l’élu. Dans certains temples, l’initié était couché par les prêtres sur un lit en forme de croix.
croix ankh

La balance

La balance est le symbole le plus ancien qui s’attache le mieux à la justice.

La balance est aussi l’outil privilégié des comptables. Elle regroupe en effet la totalité des comptes des classes 1 à 5 dits « comptes de bilan » et ceux des classes 6 et 7 dits « comptes de gestion ». L’équilibre entre les comptes de bilan et les comptes de gestion (comptes de résultat) est assuré par le bénéfice ou la perte réalisés durant un exercice comptable.

Si l’on met un exercice comptable en analogie avec la durée d’une incarnation, nous nous apercevons que la réalité du monde des affaires est en parfaite analogie avec les lois du karma.

Maât symbolise la norme universelle, l’équilibre établi par le Créateur, la justice qui permet d’agir selon le droit, l’ordre qui fait conformer les actes de chacun aux lois, la vérité, la droiture et la confiance.

La balance de Maât dans la chambre des deux vérités, tout comme un bilan issu d’une balance comptable, permet donc de mesurer la performance de l’âme durant la vie du défunt, mais aussi de la comparer avec les objectifs initiaux fixés par :

  • Le conseil des maîtres guides de l’âme du défunt.
  • Le conseil d’administration et les dirigeants de l’entreprise.

La chambre des deux vérités va donc analyser d’une part :

  • L’évolution de l’actif par rapport au passif ; mais aussi ;
  • La différence entre les produits mis à la disposition de l’environnement et les charges prélevées sur ce même environnement.

L’analogie entre le milieu économique de l’entreprise et le milieu sociétal que l’égo du défunt vient de quitter est donc « karmiquement » flagrante.

En se référant aux écritures, Newton énonçait  que l’homme récolte sa propre moisson ou les fruits de ses actes. Le Karma est donc le pouvoir qui contrôle toutes choses. Il relève de « l’intention » et de ses mobiles vertueux (blancs), ou vicieux (noirs).
« À chaque action correspond une réaction égale et opposée ».

balance de Maât

La plume de Maât

plume de Maât

plume de Maât

Celle-ci sert d’aiguille de repère au centre du sommet du fléau de la balance. En effet : Maât est représentée par une femme coiffée d’une plume d’autruche blanche (symbole de pureté), voire simplement par une plume.

Selon les rosicruciens : l’idée de légèreté de la vérité est connu, mais il est tentant de penser que la plume de Maât pourrait représenter ce qui reste d’Isfet, le mensonge, une fois que la vérité a prévalu…

Isfet est le contraire de Maât caractérisé par le mensonge et l’iniquité qui sont facteurs de désintégration sociale ; par le chaos mortifère signe du désordre planétaire, par l’injustice et par l’irruption des ennemis.

L’oeil oudjat volant

oeil oudjat

oeil oudjat

Ce symbole survole les 4 vases canopes (les quatre fils d’Horus posés sur la fleur de Lotus). L’Oudjat représente l’Œil du dieu faucon, Horus. Durant sa bataille contre Seth, Horus perdit un œil. Le symbole Oudjat se compose des 6 morceaux, de l’œil brisé par Seth qui, une fois reconstitué par Thot fut rendu à son propriétaire. L’Œil Oudjat est ainsi devenu le symbole de la victoire du bien sur le mal.

L’œil Oudjat est ici doté d’ailes et il tient dans ses griffes le signe chen et une plume qui véhicule symboliquement le le souffle vital de l’âme du défunt. L’anneau chen (entre les griffes et le baton qui supporte la plume) symbolise celui qui n’a pas de fin, l’univers, l’éternité.

L’action décrite par le papyrus d’Hunefer

 

Le jugement

Après avoir plaidé sa cause devant les 14 juges, Hounefer est accompagné par le gardien du monde des morts Anubis dans la salle de la Double Maât ou salle des Deux Justices (des deux vérités).

Anubis procède à la pesée du cœur. Le cœur d’Hounefer (lieu du bien et mal de la conscience et des émotions), est placé dans le plateau gauche de la balance, la plume de Maât est placée dans le plateau droit. Thot, patron des scribes enregistre le résultat de la pesée sur sa tablette d’argile.

Si le cœur (qui symbolise l’âme et la conscience) est plus lourd que la plume d’autruche de Maât, cela signifie qu’Hounefer a commis trop de péchés durant sa vie terrestre. Son cœur sera donc avalé par Âmmit la Grande Dévorante. Hounefer devra entreprendre une ou plusieurs autres incarnations avant de prétendre accéder à la vie éternelle.

Cependant, si le balancier est en équilibre, alors Hounefer est qualifié de « juste de voix », ou « justifié ». Il va pouvoir continuer son périple vers Osiris pour atteindre la vie éternelle.

L’épreuve ayant été réussie, le dieu Horus, accompagne le défunt auprès d’Osiris.

La psychostasie

Dans ses vers dorés, Pythagore nous rappelle que la psychostasie devrait être un exercice quotidien :

« Que jamais le sommeil ne ferme ta paupière, Sans t’être demandé : Qu’ai-je omis ? Qu’ai-je fait ?
Si c’est mal : abstiens-toi et si c’est bien : persévère
. »

Hunefer conduit devant Osiris

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Le symbolisme du papyrus

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Le papyrus d’Hunefer 3/3<br>Le symbolisme du papyrus

Le papyrus d’Hunefer 3/3
Le symbolisme du papyrus

La légende d'Osiris

En préalable nous vous suggérons de découvrir ou de vous remémorer la légende d'Osiris.

La légende d’Osiris nous rappelle que notre devoir est de rassembler ce qui est épars et que nos âmes ne sont que des fragments de l’âme universelle.

Les 14 juges qui président le tribunal nous évoquent les 14 morceaux de l'âme universelle éparpillés dans la cristallisation de la matière.

L'âme universelle éparpillée

Citons El-Baze, Eric Daniel, grand kabbaliste dans son ouvrage : « Les Racines de l'existence ».

« Pour développer sur cette notion essentielle, il nous faut rappeler que D.ieu dans Son Omniscience, connaissait l’impossibilité de la terre à produire la créature vivante « Néfèsh ‘Haya ». C’est pourquoi, Il façonna une âme primordiale, archétype du projet d’être « Néfèsh ‘Haya ». Cette âme principe originelle, créée à partir d’un prélèvement du tout existant et ce, avant même que n’apparaisse le tout existant dans la création (voir notre chapitre sur le ‘Hashmal) aura pour rôle essentiel, de permettre à chacune des futures parcelles (ou différenciations) de la création, de réintégrer l’Unité créatrice. »

Vient ensuite un paragraphe sur les six cent mille âmes principales :

« Pour permettre à l’humanité de retrouver l’universalité, il sera donc nécessaire de réintégrer ce qui s’est séparé au cours de l’évolution. Pour ce faire, l’âme universelle, la « Neshamah Klalit », va devoir connaître l’expérience de la brisure : « pour éparpiller l’Unité dans le différencié ». […]

« […] Mais pour que ce travail de « Tiqoun » puisse se faire, un processus devra se mettre en place dans le cycle des réincarnations des étincelles d’âmes (dont nous faisons tous partie), afin que l’être devienne avide de connaître la Vérité immuable. C’est ainsi, qu’une puissance particulière sera donnée à la pensée propre ou « Néfèsh », qui fera que tout repère d’une vie authentique sera perdu. Dans ce règne du pare-être, l’homme en perdition ne pourra redécouvrir les réelles racines de son existence, qu’en étudiant les secrets de la Révélation. »

âme universelle éparpillée

Les 15 tablettes de Thot

Un extrait de la 11ème tablette de Thot :

« Au total il y a NEUF CYCLES ; neuf en haut et quatorze en bas, qui se déplacent en harmonie vers un lieu de rencontre qui se trouve dans le futur. Les SEIGNEURS DES CYCLES sont des unités de conscience envoyées pour unifier CECI avec le TOUT. »

Nous retrouvons ainsi les cycles de l’arbre de vie séfirotique et les 14 juges d’Hunefer qui ne seraient que l’émanation de l’éparpillement de l’âme universelle (voir supra les 14 morceaux du corps d’Osiris dépecé par son frère Seth ?)

Ce second extrait de la 11ème tablette nous éclaire sur le rôle que nous avons à jouer au fil de nos incarnations en notre karma en fonction du degré d’élévation spirituelle de nos âmes :

« La conscience sous-jacente à toi est en constante expansion et cela selon des modes différents que ceux que tu connais. Elle est également différente selon les êtres, même s'ils sont proches de toi. La façon dont tu t'es développé et qui se poursuit dans le présent fait en sorte que tu es un être qui est à la fois une cause et un effet. Aucune conscience ne revient sur le sentier qu'elle a déjà parcouru sinon tout ne serait que vaine répétition.  Chaque conscience de cette époque suit son propre chemin jusqu’à la fin ultime.  Chacune joue son rôle dans le Plan du Cosmos. Plus son cycle est grand et plus grande sont ses capacités et ses connaissances pour fusionner avec la Loi du Tout.  Ceux qui se situent au niveau des cycles plus petits travaillent sur des portions mineures de la Loi, alors que, nous qui sommes du cycle qui s'étend jusqu'à l'infini, nos efforts nous conduisent à élaborer une plus grande Loi.  Chacun a sa partition à jouer dans les cycles. Chacun a un travail à compléter sur sa voie.  Le cycle en dessous n'est pas vraiment en dessous mais il est là en fonction d'un besoin.  La fontaine de la sagesse qui propulse tous les cycles est constamment à la recherche de nouveaux savoirs et de nouveaux pouvoirs.  L'acquisition de nouvelles connaissances repose sur la pratique, et la sagesse provient seulement du savoir. »

Cette citation nous invite à méditer sur les humains qui nous entourent ; il appert qu'aucun n’est supérieur ou inférieur.

La suite de cette 11ème tablette de Thot vient confirmer notre sentiment :

« Toutefois, l'enfant ne possède pas le même savoir que lorsqu'il est devenu un adulte. Compare ceci avec les cycles que traverse l’homme dans son voyage de la naissance à la mort et voit que le cycle en dessous est comme l'enfant avec les connaissances qu'il possède ; ensuite regarde toi comme l'enfant devenu adulte et qui avance en sagesse et en savoir à mesure que le temps passe. Il en est de même des cycles de conscience, des enfants à différents stages de leur croissance et pourtant tous proviennent d'une source unique ; la sagesse et tous y retourneront à nouveau. »

Cette citation est aussi en analogie avec le processus alchimique qui permet à la pierre au rouge de passer progressivement de l’état de « faux prophète » à l’état de poudre de projection au fil de nombreuses « multiplications ».

thot les 15 tablettes
les 15 tablettes de Thot

Le curseur de la balance entre Maât et Anubis

Reprenons notre analogie entre les règles de comptabilité et de gestion d’une entreprise avec les lois du karma.

Au moyen du curseur Anubis et Maât peuvent faire "la part des choses" entre le bilan et le compte de résultats du défunt. Tous deux peuvent ainsi moduler entre performance de l’âme (c’est-à-dire le cœur du plateau gauche) et la justice divine (la plume de Maât).

C’est avec le bilan de l’incarnation échue que Thot va pouvoir établir un bilan consolidé de l’âme en le fusionnant avec ceux des incarnations antérieures. Ce bilan consolidé sera donc parfaitement équitable et justifiera du bienfondé de l’accès de l’âme aux champs d’Ialou, ou à son rejet via Ammout dans le champ de l’Amenti.

En conclusion

Le papyrus d’Hunefer est riche d’enseignements pour qui prend le temps de le méditer longuement. La vie éternelle qu’il semble nous promettre apparaît comme un agréable défi. Cette promesse ne sera tenue que si nous sommes décidés à ne pas nous contenter de jouir égoïstement de la vie durant nos incarnations.

Le vieil adage alchimique Ora et labora ("prie et travaille") semble bien être le seul moyen de ne pas être le jouet de la loi de cause à effets.

La présence de Thot sur ce papyrus nous enseigne aussi que, tout comme nous, son rôle consiste à rassembler ce qui est épars.

Pour être plus clair, après chacun de nos passages à l’éternel orient, il nous permet de faire la synthèse sur les acquis et les manques de toutes nos incarnations antérieures. L'aide de Thot est donc précieuse pour nous aider à fixer une feuille de route qui nous permettra de choisir les circonstances de notre futur retour dans l’Amenti (ou champ de Proserpine).

Avec l’aide d’Osiris, Thot nous aidera aussi à franchir le gué qui nous mènera vers la sephira Malkhout qui n’est autre que la porte d’entrée des champs de Ialou pour y entreprendre l’ascension de l’arbre séfirotique.

Nous ne saurions mieux finir que par une dernière citation de la 11ème tablette de Thot :

« Malgré tout, à nos yeux rien n'est plus important que la croissance perpétuelle de notre Âme. Nous savons que la chair est passagère. Les choses qui comptent pour les hommes ne sont rien pour nous. Nos aspirations dépassent le corps, nous visons à perfectionner notre âme.  Lorsque les hommes sauront enfin que rien ne compte plus que la progression de l'Âme ils seront libres de tous les asservissements et pourront travailler librement en harmonie avec la Loi.  Sache, Ô homme, que tu dois aspirer à la perfection parce que c’est ainsi que tu atteindras le but. Tu dois savoir que rien n’est parfait et pourtant tu dois en faire ton aspiration et ton but. »

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Le papyrus d’Hunefer 1/3<br> fonctions et symbolisme des acteurs

Le papyrus d’Hunefer 1/3
fonctions et symbolisme des acteurs

Introduction

Le papyrus d’Hunefer (Hounefer) est conservé au British Museum à Londres.

Cet article se contentera de commenter le fragment de ce papyrus qui relate la scène de la psychostasie ou pesée de l’âme du défunt Hunefer.
Cette scène présente principalement le Chapitre 125 du Livre des Morts, l’étape du jugement au tribunal d’Osiris, le moment de la pesée de l’âme du défunt.

En guise de préambule, remarquons le symbolisme des pieds droits ou gauches des acteurs représentés. Ceux qui reçoivent un enseignement ont le pied droit en avant, ceux qui approchent vers la divinité ont le pied gauche en avant.

Nous allons tenter d’expliciter le symbolisme de ce papyrus en analysant successivement : le casting et la symbolique des acteurs, puis les outils symboliques mis en œuvre. Nous décrirons ensuite l’action illustrée par le papyrus afin de pouvoir, en dernier chapitre, essayer d’en extraire les enseignements initiatiques.

Le casting : les fonctions et le symbolisme des acteurs

Le bandeau supérieur : les 14 juges

Hunefer

Hounefer était le Scribe royal des offrandes divines à l’ouest de Thèbes, Surveillant des bovins royaux ; intendant du roi Séthi Ier. Ces titres indiquent qu’il occupait une place importante dans l’administration et a probablement été un membre de la cour royale. Son épouse Nasha était prêtresse du dieu Amon à Thèbes…
L’extrait de ce papyrus, est un exemplaire du Livre des Morts commandité par Hounefer et son épouse Nasha qui ont vécu sous la XIXe dynastie (-1310).

Les juges guides

Nous voyons sur la bande du haut du papyrus le scribe Hunefer qui se présente devant 14 juges. Sept de ces juges sont des Dieux. En effet, la croix Ankh leur confère la vie éternelle. Les 7 autres sont a priori en attente du rassemblement de leurs âmes avec celle d’Hunefer et/ou d’autres âmes de défunts éparses.
Avant de revenir plus tard sur la nature et le rôle de ces juges, voyons quelques aspects préliminaires justifiant ésotériquement de leur présence.
Notons que de nombreux autres papyrus dont celui d’Ani comportent 3 fois 14 = 42 guides. Penchons-nous brièvement sur ce que symbolisent ces guides.

Le nombre de 14 symbolise essentiellement :

  • Le nombre de morceaux résultant du dépeçage du corps d’Osiris par son frère Seth.
  • En Égypte, l’Amenti, c’est à dire la région où se rendent les âmes des morts, à l’Ouest du Nil, était divisée en 14 parties.

Le nombre 42 :

  • Selon le livre des Morts Égyptiens, à sa mort, se livre à une confession négative durant laquelle il doit affirmer ne pas avoir commis les 42 « péchés » proscrits.
  • Les Anciens Égyptiens avaient divisé leur pays en 42 nômes.
  • Le Talmud dit que le nom divin de 42 lettres est le plus grand des mystères. Ces 42 lettres contiennent les noms des dix Séphiroth.

La bande en bas à gauche

Cette bande donne le contexte de la chambre dite des deux vérités.
Le texte en colonnes donne la formule demandant à l’esprit et au cœur du défunt, posé sur la balance, de ne pas témoigner contre lui. Cette formule, est suivie des paroles de Thot et d’Horus. Chacun de ces textes s’oriente dans le sens de lecture faisant face au visage des personnages concernés.

Hunefer bas gauche
Anubis

Anubis

Dieu égyptien des nécropoles et de l’embaumement, Anubis est représenté par un chien noir, ou comme un homme à tête de chien. Il est le fils d’Osiris et d’Isis ou plutôt de sa sœur Nephtys qui avait emprunté l’apparence d’Isis.

Anubis est relié à la mort et à l’embaumement. Il est le patron des morts.

Anubis a fabriqué la première momie avec le corps d’Osiris (ce corps qu’Isis avait recherché). Il reste le gardien des cimetières et des nécropoles. La couleur noire représente la couleur des momies ayant subi le processus d’embaumement. C’est une couleur bénéfique, symbole de la métamorphose des défunts dans le sol. C’est aussi la couleur du limon déposé par le Nil pendant l’inondation.

Anubis est donc bien en analogie avec l’œuvre au noir des alchimistes.

Maât

Maât

Maât est la Vérité, l’Ordre et la Justice. Elle représente l’ordre cosmique tel que le créateur l’a instauré. Maât est représentée comme une femme debout ou assise sur ses talons. Elle porte une plume d’autruche blanche sur la tête. Les textes la désignent comme la fille chérie et la confidente de Rê, et aussi comme l’épouse de Thot, le juge des dieux.
Maât est une pure abstraction divinisée ; elle est de ce fait la garante de l’exécution des lois du karma.
Il ne nous semble pas anodin de remarquer que Maât et Anubis sont reliés par une espèce de curseur sur la partie droite du fléau de la balance. Nous y reviendrons.

Ammout
Ammit

Âmmit

Âmmit appelée également la Dévorante ou Ammout, est représentée avec une tête de crocodile, un corps mi-lion (partie antérieure), mi-hippopotame (arrière-train).
La « Mangeuse de cœurs » dévorait le cœur des défunts qui n’étaient pas « justifiés » par le tribunal. Dans ce cas ils n’avaient pas accès au repos éternel dans les champs d’Ialou (parfois appelés Champs des roseaux) et étaient symboliquement rejetés dans les eaux du Nil.
Dans quelques rares versions, Âmmit se tient près d’un lac de feu dans lequel elle immerge le cœur de l’infortuné défunt.

Cette représentation est lourdement chargée de symbolisme alchimique. En effet, la morphologie de la dévorante nous évoque le sel philosophique des alchimistes. Ce sel symbolise les 4 éléments puisqu’il peut être :

  • Terre à l’état solide,
  • Eau à l’état « rosée de mai »,
  • Air quand il se vaporise sous l’action du feu secret ou 5ème feu,
  • Feu quand il déclenche le processus de mondification (entre autres).

Le crocodile vit à la fois dans l’air et dans l’eau, le lion symbolise le feu régénérateur de la vie éternelle, et l’hippopotame vit quant à lui dans la boue de la terre et dans l’eau. Ammout symbolise donc le sel philosophique qui va permettre à l’âme du défunt de se réincarner comme une granulation des alchimistes. Les eaux du Nil symbolisent les eaux de l’œuvre au noir.

À partir de la troisième époque intermédiaire d’Égypte, Ammout joua le rôle de mère en faisant renaître le défunt. Cette modification ne reflète pas, selon nous, un changement dans les croyances initiales.
Il ne faut pas la considérer comme une divinité malfaisante mais comme la gardienne qui interdisait l’accès aux champs d’Ialou à toutes les âmes n’ayant pas encore purgé leur karma.

Pythagore, qui avait été initié en Égypte nous autorise à faire un parallèle entre les champs d’Ialou égyptiens et ce qu’il avait désigné sous le vocable de Champs Élysées. En ce qui concerne les ordres angéliques l’entrée dans les champs d’Ialou est réservée aux hommes parfaits ou « hommes dieux ». La succession des incarnations à laquelle Âmmit renvoyait les karmas encore impurs était désignée par Pythagore comme le champ de Proserpine.

Pour la kabbale, les champs d’Ialou commencent lors de l’accès à la séphira Malkout.

Thot

Thot

Thot est le messager, porte-parole et archiviste des dieux.
Doué de tout savoir et de toute sagesse, il est l’inventeur des sciences et des arts : l’arithmétique, l’arpentage, la géométrie, l’astronomie, la divination, la magie, la médecine et la chirurgie, la musique avec les instruments à cordes et à vent, le dessin et surtout l’écriture, sans laquelle l’humanité aurait couru le risque d’oublier ses doctrines et de perdre l’avantage de ses découvertes.
Nous pouvons en déduire qu’il aurait assuré la transition après la fin de l’Atlantide. Cette puissance que ses fidèles lui attribuaient, lui fit donner le nom de Thot, trois fois très grand, que les Grecs ont assimilé à Hermès Trismégiste.

Le rôle essentiel de Thot dans le cadre de ce travail est son rôle d’archiviste qui va concaténer tous les enseignements reçus par les défunts au fil de leurs incarnations. Nous y reviendrons de façon plus explicite.

Thot et la table d’émeraude

Selon le livre « Trismégiste, Hermès. Les 15 tablettes de Thot (Hermès Trismégiste) » – Texte intégral : Collection des Intégrales Mystiques (Les Intégrales Mystiques t. 2) (French Edition) (p. 4). Édition du Kindle. :

« La table d’émeraude (Tabula Saragdina en latin), est l’un des plus anciens textes mystiques connu à ce jour. Elle aurait été écrite entre 5000 et 30 000 avant J-C et son texte original aurait été retrouvé gravé sur une tablette en émeraude dans le tombeau de Thot (chez les égyptiens, Hermès chez les grecs).  Elle nous présente les plus anciens enseignements mystiques et hermétiques connus, enseignements à la pointe de la connaissance puisque les notions scientifiques du multivers (dimensions parallèles), des polarités, des champs électromagnétiques autour de notre terre, des corps célestes, de l’espace-temps, y sont abordés et développés…  Traduite en latin au XIIème siècle, elle a été commentée et étudiée par de nombreux alchimistes du moyen-âge et de la renaissance et reste encore aujourd’hui pour les initiés l’une des références incontournables de l’apprentissage mystique et occulte. »

Thot est aussi celui qui nous aurait transmis la plus célèbre encore Table d’Émeraude.

Serait-il, comme il le prétend l’un des survivants de l’Atlantide missionné pour assurer la transmission des mystères et permettre à la nouvelle race de ne pas repartir dans les conditions de l’âge de pierre ?

Horus

Horus

Horus conduit Hunefer vers Osiris. Horus, le dieu faucon est le fils d’Isis et Osiris. À la mort d’Osiris, c’est son frère Seth qui repris le pouvoir en Égypte.

Voulant venger son père, Horus part en guerre contre son oncle. Au bout de nombreuses batailles, Seth est vaincu et Horus reprend le trône d’Egypte.

Horus forme une triade avec Osiris et Isis. Ce regroupement de trois dieux sur le modèle familial « père – mère – fils » nous ramène à la génération par la puissance du ternaire.

La bande en bas à droite

Osiris

Osiris président du tribunal est assis sous un dais dans un sanctuaire, sa peau de couleur verte indique qu’il est ressuscité parmi les morts. Son trône est placé sur un lac de natron. Devant lui, se tiennent, posés sur une fleur de lotus, les quatre fils d’Horus : Amset, Hapy, Douamoutef et Qebehsenouf.

Osiris est aussi le Dieu de la végétation. De ce fait, il est souvent représenté avec un visage de couleur verte. Comment ne pas penser au symbolisme alchimique de la végétation (œuvre au vert) annonciatrice de résurrection par l’œuvre au blanc.

Rappelons que l’œuvre au blanc se réalise au moyen du sel philosophique ici symbolisé par le natron.

Isis

Elle se tient derrière Osiris et derrière (côte à côte) sa sœur Nephtys. Elles viennent aider le défunt à effectuer son passage vers l’éternité.

Isis dont le nom signifie « trône » est la fille de Geb et Nout selon la cosmogonie Héliopolitaine. Sœur et femme d’Osiris ; elle est aussi la mère d’Horus.

Elle est dépeinte dans la forme humaine, couronnée par un trône ou par des cornes de vache incluant un disque solaire. Un vautour était aussi parfois incorporé en sa couronne.

Nephtys

Déesse funéraire, Nephtys est la fille de Geb et Nout, donc la sœur d’Isis,  Osiris et Seth. Elle fait partie de l’Énnéade d’Héliopolis dans laquelle elle est l’épouse de Seth.

Selon une tradition, elle était aussi la mère d’un fils adultérin, Anubis, par Osiris.

Le nom de Nephthys signifie la « Maîtresse de la Maison » ou « Dame du Château » ; déesse des morts, elle veillait sur leurs sarcophages.

Osiris Hunefer

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