Introduction

Le papyrus d’Hunefer (Hounefer) est conservé au British Museum à Londres.

Cet article se contentera de commenter le fragment de ce papyrus qui relate la scène de la psychostasie ou pesée de l’âme du défunt Hunefer.
Cette scène présente principalement le Chapitre 125 du Livre des Morts, l’étape du jugement au tribunal d’Osiris, le moment de la pesée de l’âme du défunt.

En guise de préambule, remarquons le symbolisme des pieds droits ou gauches des acteurs représentés. Ceux qui reçoivent un enseignement ont le pied droit en avant, ceux qui approchent vers la divinité ont le pied gauche en avant.

Nous allons tenter d’expliciter le symbolisme de ce papyrus en analysant successivement : le casting et la symbolique des acteurs, puis les outils symboliques mis en œuvre. Nous décrirons ensuite l’action illustrée par le papyrus afin de pouvoir, en dernier chapitre, essayer d’en extraire les enseignements initiatiques.

Le casting : les fonctions et le symbolisme des acteurs

Le bandeau supérieur : les 14 juges

Hunefer

Hounefer était le Scribe royal des offrandes divines à l’ouest de Thèbes, Surveillant des bovins royaux ; intendant du roi Séthi Ier. Ces titres indiquent qu’il occupait une place importante dans l’administration et a probablement été un membre de la cour royale. Son épouse Nasha était prêtresse du dieu Amon à Thèbes…
L’extrait de ce papyrus, est un exemplaire du Livre des Morts commandité par Hounefer et son épouse Nasha qui ont vécu sous la XIXe dynastie (-1310).

Les juges guides

Nous voyons sur la bande du haut du papyrus le scribe Hunefer qui se présente devant 14 juges. Sept de ces juges sont des Dieux. En effet, la croix Ankh leur confère la vie éternelle. Les 7 autres sont a priori en attente du rassemblement de leurs âmes avec celle d’Hunefer et/ou d’autres âmes de défunts éparses.
Avant de revenir plus tard sur la nature et le rôle de ces juges, voyons quelques aspects préliminaires justifiant ésotériquement de leur présence.
Notons que de nombreux autres papyrus dont celui d’Ani comportent 3 fois 14 = 42 guides. Penchons-nous brièvement sur ce que symbolisent ces guides.

Le nombre de 14 symbolise essentiellement :

  • Le nombre de morceaux résultant du dépeçage du corps d’Osiris par son frère Seth.
  • En Égypte, l’Amenti, c’est à dire la région où se rendent les âmes des morts, à l’Ouest du Nil, était divisée en 14 parties.

Le nombre 42 :

  • Selon le livre des Morts Égyptiens, à sa mort, se livre à une confession négative durant laquelle il doit affirmer ne pas avoir commis les 42 « péchés » proscrits.
  • Les Anciens Égyptiens avaient divisé leur pays en 42 nômes.
  • Le Talmud dit que le nom divin de 42 lettres est le plus grand des mystères. Ces 42 lettres contiennent les noms des dix Séphiroth.

La bande en bas à gauche

Cette bande donne le contexte de la chambre dite des deux vérités.
Le texte en colonnes donne la formule demandant à l’esprit et au cœur du défunt, posé sur la balance, de ne pas témoigner contre lui. Cette formule, est suivie des paroles de Thot et d’Horus. Chacun de ces textes s’oriente dans le sens de lecture faisant face au visage des personnages concernés.

Hunefer bas gauche
Anubis

Anubis

Dieu égyptien des nécropoles et de l’embaumement, Anubis est représenté par un chien noir, ou comme un homme à tête de chien. Il est le fils d’Osiris et d’Isis ou plutôt de sa sœur Nephtys qui avait emprunté l’apparence d’Isis.

Anubis est relié à la mort et à l’embaumement. Il est le patron des morts.

Anubis a fabriqué la première momie avec le corps d’Osiris (ce corps qu’Isis avait recherché). Il reste le gardien des cimetières et des nécropoles. La couleur noire représente la couleur des momies ayant subi le processus d’embaumement. C’est une couleur bénéfique, symbole de la métamorphose des défunts dans le sol. C’est aussi la couleur du limon déposé par le Nil pendant l’inondation.

Anubis est donc bien en analogie avec l’œuvre au noir des alchimistes.

Maât

Maât

Maât est la Vérité, l’Ordre et la Justice. Elle représente l’ordre cosmique tel que le créateur l’a instauré. Maât est représentée comme une femme debout ou assise sur ses talons. Elle porte une plume d’autruche blanche sur la tête. Les textes la désignent comme la fille chérie et la confidente de Rê, et aussi comme l’épouse de Thot, le juge des dieux.
Maât est une pure abstraction divinisée ; elle est de ce fait la garante de l’exécution des lois du karma.
Il ne nous semble pas anodin de remarquer que Maât et Anubis sont reliés par une espèce de curseur sur la partie droite du fléau de la balance. Nous y reviendrons.

Ammout
Ammit

Âmmit

Âmmit appelée également la Dévorante ou Ammout, est représentée avec une tête de crocodile, un corps mi-lion (partie antérieure), mi-hippopotame (arrière-train).
La « Mangeuse de cœurs » dévorait le cœur des défunts qui n’étaient pas « justifiés » par le tribunal. Dans ce cas ils n’avaient pas accès au repos éternel dans les champs d’Ialou (parfois appelés Champs des roseaux) et étaient symboliquement rejetés dans les eaux du Nil.
Dans quelques rares versions, Âmmit se tient près d’un lac de feu dans lequel elle immerge le cœur de l’infortuné défunt.

Cette représentation est lourdement chargée de symbolisme alchimique. En effet, la morphologie de la dévorante nous évoque le sel philosophique des alchimistes. Ce sel symbolise les 4 éléments puisqu’il peut être :

  • Terre à l’état solide,
  • Eau à l’état « rosée de mai »,
  • Air quand il se vaporise sous l’action du feu secret ou 5ème feu,
  • Feu quand il déclenche le processus de mondification (entre autres).

Le crocodile vit à la fois dans l’air et dans l’eau, le lion symbolise le feu régénérateur de la vie éternelle, et l’hippopotame vit quant à lui dans la boue de la terre et dans l’eau. Ammout symbolise donc le sel philosophique qui va permettre à l’âme du défunt de se réincarner comme une granulation des alchimistes. Les eaux du Nil symbolisent les eaux de l’œuvre au noir.

À partir de la troisième époque intermédiaire d’Égypte, Ammout joua le rôle de mère en faisant renaître le défunt. Cette modification ne reflète pas, selon nous, un changement dans les croyances initiales.
Il ne faut pas la considérer comme une divinité malfaisante mais comme la gardienne qui interdisait l’accès aux champs d’Ialou à toutes les âmes n’ayant pas encore purgé leur karma.

Pythagore, qui avait été initié en Égypte nous autorise à faire un parallèle entre les champs d’Ialou égyptiens et ce qu’il avait désigné sous le vocable de Champs Élysées. En ce qui concerne les ordres angéliques l’entrée dans les champs d’Ialou est réservée aux hommes parfaits ou « hommes dieux ». La succession des incarnations à laquelle Âmmit renvoyait les karmas encore impurs était désignée par Pythagore comme le champ de Proserpine.

Pour la kabbale, les champs d’Ialou commencent lors de l’accès à la séphira Malkout.

Thot

Thot

Thot est le messager, porte-parole et archiviste des dieux.
Doué de tout savoir et de toute sagesse, il est l’inventeur des sciences et des arts : l’arithmétique, l’arpentage, la géométrie, l’astronomie, la divination, la magie, la médecine et la chirurgie, la musique avec les instruments à cordes et à vent, le dessin et surtout l’écriture, sans laquelle l’humanité aurait couru le risque d’oublier ses doctrines et de perdre l’avantage de ses découvertes.
Nous pouvons en déduire qu’il aurait assuré la transition après la fin de l’Atlantide. Cette puissance que ses fidèles lui attribuaient, lui fit donner le nom de Thot, trois fois très grand, que les Grecs ont assimilé à Hermès Trismégiste.

Le rôle essentiel de Thot dans le cadre de ce travail est son rôle d’archiviste qui va concaténer tous les enseignements reçus par les défunts au fil de leurs incarnations. Nous y reviendrons de façon plus explicite.

Thot et la table d’émeraude

Selon le livre « Trismégiste, Hermès. Les 15 tablettes de Thot (Hermès Trismégiste) » – Texte intégral : Collection des Intégrales Mystiques (Les Intégrales Mystiques t. 2) (French Edition) (p. 4). Édition du Kindle. :

« La table d’émeraude (Tabula Saragdina en latin), est l’un des plus anciens textes mystiques connu à ce jour. Elle aurait été écrite entre 5000 et 30 000 avant J-C et son texte original aurait été retrouvé gravé sur une tablette en émeraude dans le tombeau de Thot (chez les égyptiens, Hermès chez les grecs).  Elle nous présente les plus anciens enseignements mystiques et hermétiques connus, enseignements à la pointe de la connaissance puisque les notions scientifiques du multivers (dimensions parallèles), des polarités, des champs électromagnétiques autour de notre terre, des corps célestes, de l’espace-temps, y sont abordés et développés…  Traduite en latin au XIIème siècle, elle a été commentée et étudiée par de nombreux alchimistes du moyen-âge et de la renaissance et reste encore aujourd’hui pour les initiés l’une des références incontournables de l’apprentissage mystique et occulte. »

Thot est aussi celui qui nous aurait transmis la plus célèbre encore Table d’Émeraude.

Serait-il, comme il le prétend l’un des survivants de l’Atlantide missionné pour assurer la transmission des mystères et permettre à la nouvelle race de ne pas repartir dans les conditions de l’âge de pierre ?

Horus

Horus

Horus conduit Hunefer vers Osiris. Horus, le dieu faucon est le fils d’Isis et Osiris. À la mort d’Osiris, c’est son frère Seth qui repris le pouvoir en Égypte.

Voulant venger son père, Horus part en guerre contre son oncle. Au bout de nombreuses batailles, Seth est vaincu et Horus reprend le trône d’Egypte.

Horus forme une triade avec Osiris et Isis. Ce regroupement de trois dieux sur le modèle familial « père – mère – fils » nous ramène à la génération par la puissance du ternaire.

La bande en bas à droite

Osiris

Osiris président du tribunal est assis sous un dais dans un sanctuaire, sa peau de couleur verte indique qu’il est ressuscité parmi les morts. Son trône est placé sur un lac de natron. Devant lui, se tiennent, posés sur une fleur de lotus, les quatre fils d’Horus : Amset, Hapy, Douamoutef et Qebehsenouf.

Osiris est aussi le Dieu de la végétation. De ce fait, il est souvent représenté avec un visage de couleur verte. Comment ne pas penser au symbolisme alchimique de la végétation (œuvre au vert) annonciatrice de résurrection par l’œuvre au blanc.

Rappelons que l’œuvre au blanc se réalise au moyen du sel philosophique ici symbolisé par le natron.

Isis

Elle se tient derrière Osiris et derrière (côte à côte) sa sœur Nephtys. Elles viennent aider le défunt à effectuer son passage vers l’éternité.

Isis dont le nom signifie « trône » est la fille de Geb et Nout selon la cosmogonie Héliopolitaine. Sœur et femme d’Osiris ; elle est aussi la mère d’Horus.

Elle est dépeinte dans la forme humaine, couronnée par un trône ou par des cornes de vache incluant un disque solaire. Un vautour était aussi parfois incorporé en sa couronne.

Nephtys

Déesse funéraire, Nephtys est la fille de Geb et Nout, donc la sœur d’Isis,  Osiris et Seth. Elle fait partie de l’Énnéade d’Héliopolis dans laquelle elle est l’épouse de Seth.

Selon une tradition, elle était aussi la mère d’un fils adultérin, Anubis, par Osiris.

Le nom de Nephthys signifie la « Maîtresse de la Maison » ou « Dame du Château » ; déesse des morts, elle veillait sur leurs sarcophages.

Osiris Hunefer

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Les outils et l’action

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