Symbolisme

La marelle : <br> un point de vue maçonnique</br>

La marelle :
un point de vue maçonnique

Après avoir publié un premier article sur les aspects initiatiques de la marelle  nous publions en complément non contradictoire un point de vue maçonnique à travers le texte que nous remercions Noabag pour nous l'avoir confié.

La culture populaire était, demeure et sera toujours un moyen de transmission. Elle perpétue des légendes, des mythes, des mystères ; à son corps défendant bien souvent, en oubliant même ce qu’elle fait parfois, mais de façon continue au travers des âges. Marelle, jeu de l’Oie, Mahjong et autres échiquiers ont toujours eu en somme une portée bien plus large que le seul divertissement de leurs joueurs.

C’est dans cette perspective que nous placerons ce travail, celui de la transmission initiatique, plutôt ésotérique de quelque chose, parmi d’autres, que nous pensons avoir toujours connu. Car rappelons-nous que la 1ère chose à savoir et que nous ne savons rien. La 2nde c’est que la mémoire existe au-delà de nos vies d’hommes.

Pour traiter ce sujet, nous organisons la réflexion en 3 moments :

  • Le jeu lui-même, ses variantes et symboliques apparentes.
  • Son ésotérisme, c’est-à-dire une tentative d’explication du sens des symboles relevés ;
  • Sa portée maçonnique enfin, car après tout c’est bien pour une loge de Saint Jean que cette note est rédigée.

La marelle : description

La Marelle est ce jeu connu de tous. Sa forme actuelle commune est celle d’un parcours de plusieurs cases successives qui en 7 voire 9 étapes successives, doit nous mener de la Terre au Ciel.

L’Enfant progresse à cloche pied, suivant une pierre qui le précède sur ce Chemin, faisant repos à quelques occasions. Une fois le Ciel atteint, le Joueur se doit de parcourir en sens inverse la distance qui le sépare maintenant de la Terre.

L’exposition simple du principe du Jeu doit éveiller des attentions et faire échos à des propose déjà discutés ici…et Ailleurs…

D’autres que nous ont parfaitement traité ce sujet de la Marelle et nous n’aurons pas l’audace de reprendre leurs écrits à notre compte. Il est préférable de mettre à la disposition des F\de l’Assemblée les documents qui ont en grande partie fondés ce travail. Toutefois nous voudrons tout de même mettre en avant ici une forme plus ancienne et à notre sens grandement porteuse de sens plus explicite à nos yeux en termes de contenu initiatique.

C’est sur la Marelle assise que nous nous attarderons donc. Ce jeu antique connu semble-t-il dès avant Rome, se présente sous la forme de trois carrés concentriques, tous reliés entre eux par des canaux orthogonaux, passant par les milieux de chacun des côtés.  C’est un choix fait en conscience que nous faisons de traiter ici cette figure particulière et nous ignorons en cela les mises en garde du sans doute bien nommé Emile ESPERANDIEU, prévenant Florance (qui avait trouvé un signe similaire gravé dans une vielle pierre) de son enthousiasme quant à cette figure. « C’est extrêmement téméraire, à mon avis. Croyez-moi cela vous ferait du tort. C’est le hasard. L’idée de trois carrés concentriques est banale, il n’y a pas de symbolisme, c’est un simple amusement du médecin occultiste*» ( * : Cf Controverse de la pierre de Suevres).

De la Marelle en général, nous retiendrons donc les symboles :

  • De la progression (ou marche) initiatique (puisque permettant l’ascension) et de son nécessaire retour sur le chemin parcouru
  • De la Pierre et de ce qu’elle peut figurer.
  • De la Marche à Cloche pied, plus précisément de l’image du Boiteux , de Sa Variante en jeu Assis.
  • L’idée banale s’il en est de la Triple enceinte (Il existe également une forme de Marelle en Escargot qui ne sera pas traitée ici).

Ésotérisme de la marelle

L'Ésotérisme n’a jamais cessé d’être sujet, et nous l’avons suffisamment dit sur les col, il est un terme phagocyté, brouillé dans la compréhension que nous en avons. Mais, vous le savez également, nous considérons de notre responsabilité de F\M\ que de cheminer vers le sens vrai de toutes choses. (Le GADLU nous ayant, dans sa mansuétude dispensée de l’atteindre).

Aussi par Ésotérisme n’entendrons nous ici que "sens profond" des éléments exposés.

La progression tout d’abord. Elle renvoie à la démarche initiatique. Celle qui est la nôtre sans doute, mais plus largement la démarche de tout être qui décide et agit pour s’éloigner de ce qu’il reconnaît, à un moment de son existence, comme son état, sa Nudité.

Deux points sont à noter, dans le jeu classique ; tout d’abord c’est un parcours en 7 ou 9 cases qui précède le Paradis. Plusieurs étapes distinctes sont donc nécessaires à l’atteinte de l’objectif. Ce sont autant d’épreuves qui vont permettre un raffinage du joueur et l’amener à l’Etat requis pour accéder à l’ultime niveau. Sans traiter ici de ces nombres particuliers, nous dirons que le système d’étapes et leur imbrication est porteur d’une certaine méthode.

Secondement, l’obligation du joueur de revenir sur ses pas pour véritablement compléter le chemin et peut être remporter la partie ?

Ce Parcours, ses étapes et sa dynamique sont les fondements mêmes de l’Initiation.

Cette structure, composite, nous présente par sa construction, l’ontologie de la démarche, i.e. un ensemble organisé, rythmé en phases accessibles selon un ordre prédéfini, qui chacune apportent une strate de connaissance supplémentaire venant s’ajouter à celles déjà obtenues. En cela, il est intéressant de noter que, la position de l’Enfer au terme des étapes du jeu, placé en antichambre du Paradis, peut apparaître comme une cryptique mise en garde de l’Hybris qui pourrait saisir le joueur fragile, croyant avoir enfin pénétré le mystère, mais qui en réalité serait figé devant son seuil.

La Pierre, Dans le jeu elle indique par avance la case ou devra se rendre le joueur. Objectif à atteindre, nous pourrions dire qu’elle fuit devant son poursuivant, le contraignant à avancer sans cesse, bravant tous les périls, même donc les feux de l’Enfer. Au-delà de l’Allégorie Mac\ de la Pierre que nous développerons bientôt, c’est le rôle « d’objet utile » de celle -ci durant le jeu qui nous intéresse. C’est en effet sa poursuite qui est le prétexte au parcours du chemin déjà tracé ; et le fait de la rejoindre sur une même case, d’être au même niveau qu’elle qui attribue la victoire. (si tant est qu’existe réellement un vainqueur au Jeu.)

La pierre n’est rien par elle-même qu’une image du but à atteindre et une fois rejointe du chemin parcouru. La Pierre est un témoin de la progression.

Le Boiteux, C’est à cloche pied, dans une avancée ponctuée de repos que se parcourt le chemin. Les quelques documents joints à ce travail traitent avec une belle clarté de l’aspect symbolique de cette démarche particulière. Nous ne nous entendrons sur le point que pour faire le lient entre le Claudiquant qu’est le joueur et non pas l’Initié mais l’initiable, qui a l’un de ses pieds sur Terre et l’autre Ailleurs. Nous parlons bien d’Initiable car l’Initié, lui est celui qui a parcouru le chemin, par celui qui l’arpente. Mais entendons-nous, ce statut d’initiable sous notre plume, n’est rien moins qu’Honorable.

Retenons qu’à l’instar du parcours, tracé dès avant le début de la partie, le boiteux souffre de claudication avant même que débuter sa marche. C’est son Initiabilité qui l’handicape, l’empêche de se mouvoir parmi ses semblables. Dans le Monde et quelques soient ses efforts il demeure singulier pari les autres.

La Triple enceinte, Ici encore nous refuserons de nous lancer dans un exposé des propos d’autres auteurs bien plus érudits que nous et inviterons le lecteur curieux à s’intéresser aux écrits de Guenon sur le sujet. Nous bornerons nos remarques à une lecture architecturale des cathédrales gothiques. Edifices fabuleux, porteurs de myriade d‘éléments symboliques, où nos glorieux prédécesseurs œuvraient à graver dans la Pierre…un savoir intime, précieux et conséquemment ésotérique. Le fameux tracé de carré concentrique est effet présent au cœur même de l’œuvre.

Si nous nous referons à la cathédrale de Reims, celle-ci est construite sur la base d’un triangle équilatéral, qui donne naissance de fait au quadrilatère rectangle qui contient en son sein la croisée des Transepts. Ce premier Carré est la Table il est dit que sa largeur est celle du Vaisseau principal. Un second carré autour du premier délimite la largeur du Transept et de la Nef, un troisième et dernier marque la Largeur du Chœur.

Gardons-nous de tout tropisme (Évoquons tout de même le trio Jean Le baptiste, Jésus, Jean l’Évangéliste préfigurés par Janus Bifront) et notons que d’autres édifices fameux usaient de cette structure. Nous en voudrons pour preuve le Temple de Salomon, qui pour se diviser dans les quatre parties que nous décrit le Livre était nécessairement composé de trois murs qui ensemble délimitaient et renforçait l’espace en leur sein qui abritait l’Arche.  Citons également Platon qui dans le Critias décrit avec force détails les trois murailles que creusa Poséidon pour créer l’Atlantide : « …Poséidon la fortifia en creusant autour trois enceintes circulaires concentriques, deux de terre et trois de mer… »

Peut Etre est-ce là, Ff\ App\ une autre représentation de ce que d’aucun nommeraient conscient, inconscient subconscient. Accordez-nous la coquetterie d’y préférer Corps Âme Esprit. Ce que nous pouvons en retenir c’est que les Anciens accordaient à cette structure particulière un intérêt certain ; cette triple enceinte semble, au travers des âges, destinée à protéger un Trésor. Que ce trésor soit le Trident D’or de Poséidon, l’Arche couverte des Ailes des chérubins, le Cœur Sacré du Fils de l’Homme.

Maçonniquement : qu’en dire ?

Eh bien le Maç est sans doute ce boiteux engagé sur la Marelle particulière que lui propose la Maç en général et son rite en Particulier. Reconnu comme initiable par ceux qui sont devenus ses Ff, il a débuté une progression au gré de laquelle il changera successivement d’Etat, d’Etat de conscience à tout le moins.

Arrivé au plus haut, "L’Âme illuminée d’Intelligence et de Sagesse…", à l’Image d’Ulysse, c’est sur Terre parmi les Hommes, que le boiteux exalté, transfiguré reviendra et existera. Boiteux toujours mais capable de rendre cette différence invisible aux yeux de ceux qui hier encore le prenait pour un infirme. Sans ce nécessaire retour parmi les hommes, le Maç pourrait demeurer prisonnier dans les limbes stériles d’une spiritualité biaisée sacrifiant la quête vraie de la Lumière à un onanisme peu éclairant.

La Maç\nous propose donc un parcours particulier et la première étape est la compréhension du nombre 3. Ce 3 qui entoure le centre de toutes choses, ce trois qui par sa seule existence induit et préfigure ce qui suivra. Car Ff , la Maç est un Ordre (prédéfini), Traditionnel (sensément pratiqué de manière identique dans le Temps) Initiatique (dont l’enseignement se fait par étapes) et Sobriquet (porteur d’un sens bien plus profond que ne laissent supposer les apparences). La Maç nous pousse, au travers des symboles et plus largement de sa méthode à modifier notre niveau de réceptivité et au fil des année peut être notre compréhension. En toutes choses le Mac\ garde un œil aiguisé sur le Sens qui lui est présenté ; grâce à certains outils celui de l’Allégorie notamment, il est capable d’atteindre un niveau de perception plus fin que le profane ; à tout le moins c’est cela son devoir de MM.

Pour conclure, nous dirons donc que la marelle est porteuse au travers du temps de potentialités. Suivant que l’on y joue innocemment ou que l’on y recherche quelque trace d’une connaissance immémoriale, ces quelques traits au sol délimitent un Univers, le temps au moins d’un jeu partagé qui, du Ciel à la Terre et de la Terre au Ciel nous rappelle un instant avant de reprendre le cours de nos vies, le souvenir des jours où nous étions presque libres.

 

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La boîte à symboles

La boîte à symboles

Cette page comme son nom l'indique est destinée à lister de nombreux symboles qui à eux seuls peuvent justifier de leur consacrer un grand article.
Vous ne pourrez donc y trouver que quelques éléments de réflexion arbitrairement choisis par le contributeur.
Vous pouvez les classer au moyen des flèches de la première colonne de gauche. Vos suggestions sont les bienvenues.

DésignationIllustrationDescription
AnubisProtège l'entrée des Temples et des tombeaux, comme un Cerbère impitoyable. Anubis est aussi le protecteur des embaumeurs.
Baphomet

Idole ou symbole ? Ange ou démon ? Symbole alchimique des Templiers ?


Le débat n’est pas tranché mais ce Baphomet a sans conteste servi de prétexte à Philippe le Bel pour dissoudre l’Ordre du Temple.


Le Baphomet s’est d’abord trouvé chez les hermétistes et les gnostiques du monde méditerranéen et moyen-oriental (aussi bien chrétiens que musulmans) avant d’être ramené de Palestine en Europe par les Templiers. Personnage ailé, cornu et pourvu de seins au portail de l’église Saint-Merry, représenterait l’Esprit soi-même, la Sophia des gnostiques (le Saint-Esprit, troisième terme de la Trinité catholique).


Pour aller plus loin…

BarqueBarque solaireLa barque est un symbole qui traduit la fin d’un cycle et le passage vers le cycle suivant.

En Égypte, la barque solaire est la barque dans laquelle circule Rê tout au long de son périple nocturne et diurne.

Seth est placé à l'avant de la barque afin de défendre Rê contre le serpent démon Apophis qui menace le déroulement paisible du rituel du lever et du coucher du soleil. Chaque matin Apophis est vaincu mais étant indestructible il renaît sans cesse.


La barque peut évoquer aussi bien le berceau que le cercueil.

C’est le moyen de transport qui permet d’affronter les tempêtes de la vie et de ses passions.


La barque prend aussi la forme de l’arche de Noé qui permit au monde de renaître après le déluge.


L’expression « bien mener sa barque » est aussi très significative d’un passage réussi.

CaverneLa caverne est le lieu symbolique dans lequel vivent en permanence les non-initiés. La symbolique du mythe de Platon est bien connue des philosophes.
Depuis la haute antiquité l'on enseigne que l'initiation est une progression qui comprend des marches successives. Cet escalier permet de se rapprocher progressivement de la grande Lumière spirituelle de la connaissance.
Notre illustration de Kunrath montre un apprenti à la première marche, un compagnon à mi-course et un maître qui a dépassé la septième et dernière marche. Il peut désormais s'enfoncer dans le couloir secret au bout duquel la divine Lumière solaire commence à lui apparaître.
Chêne

Arbre sacré dans de nombreuses traditions. Il attire la foudre et évoque la puissance la force et la longévité.


Arbre dont le bois et les fruits (glands) sont riches en potassium ce qui en fait un précieux contributeur dans la fabrication du sel philosophique des alchimistes selon la formule du Pape Jean XXII.


Les glands ont une image fortement connotée sur de nombreux plans :
• Aalimentaire (nourriture pour les cochons),
• Intellectuel (idiotie paresse), sexuelle (organe de reproduction),
• Spirituel (symbole de transcendance de l’esprit sur la matière, armoiries papales, etc.).

CoqSymbole solaire :

Son chant annonce en toutes saisons le lever du soleil. C’est un guetteur de confiance pour sa vigilance et sa persévérance.


Son courage au combat est bien connu.


De nombreuses traditions l’associent à Hermès et lui attribuent un rôle de psychopompe notamment pour les initiations qui « permettent de mourir à une vie ancienne pour entrer dans une nouvelle ». Accompagnant Hermès, il parcourt ainsi les trois niveaux du cosmos de l’enfer au ciel.


Pour l’alchimie, cet animal qui chante même sur un tas de fumier symbolise les trois grandes phases du Grand Œuvre :
• L’œuvre au noir pour les pattes dans le compost.
• L’œuvre au blanc pour la couleur de sa chair et souvent de son plumage.
• L’œuvre au rouge pour sa crête qui symbolise la quintessence qui conduit l’œuvre au rouge.


Sa présence au sommet des clochers symbolise la prépondérance de la vie spirituelle.

Croix AnkhLa croix ansée est le symbole de millions d'années de vie future. Son cercle est l'image parfaite de ce qui n'a ni commencement ni fin : il représente l'âme qui est éternelle parce qu'elle est issue de la substance spirituelle des Dieux ; la croix figure l'état de transe dans lequel se débattait l'initié, plus exactement il représente l'état de mort, la crucifixion de l’élu et, dans certains temples, l'initié était couché par les prêtres sur un lit en forme de croix.
FeuSelon Plutarque : « Le feu est un être animé ; il se meut et il se nourrit de lui-même. Par sa flamme brillante, il met toutes choses en lumière. Il éclaire tout. Mais c’est surtout lorsqu’on l’éteint qu’il montre sa puissance. Non certes, il ne manque pas d’un principe vital : car il crie, il parle, il se défend comme une créature vivante, qu’on veut faire périr par la violence. […] La lampe allumée est l’image du corps qui enveloppe notre âme. La flamme lumineuse en figure celle-ci, elle se trouve au-dedans. […] ».

La devise de Virgile "Deos numerus impare gaudet" signifie qu'en matière initiatique les dieux aiment les nombres impairs.
Les feux sont placés en équerre formant ainsi le signe rituel NETER.
On n'éteint pas un feu par le souffle d'une expiration car cette dernière porte les rejets des matières impures de notre corps.
GrenadeChez les anciens, la grenade était le symbole essentiel de l’amour dans toute sa plénitude. Une fois enlevée dans les enfers par Pluton (Hadès), Proserpine (Perséphone) partage sa couche et il lui fait manger des grains de grenade ; dès lors, lorsqu’elle sera rendue à la lumière, lorsque sa mère la déesse Cérès (Déméter) aura recouvré sa fille, le simple fait d’avoir mangé de ce fruit retiendra à l’avenir la jeune déesse plusieurs mois de l’année dans les sombres demeures du sein de la terre.
La grenade ouverte de notre illustration répond au nombre d’or en affichant son pentagramme de pépins rouges bien mûrs.
Le fruit ne s’ouvre que lorsque les pépins sont parvenus à maturation.
Les pépins sont aussi en analogie avec les granulations de l’œuvre au noir alchimique qui saignent progressivement la quintessence (le sang du dragon).
MiroirLe miroir nous permet de méditer sur la vue de notre plus grand ennemi.
Dans ce célèbre tableau du Titien, nous pouvons voir la belle Laura Dianti devant deux miroirs.
Dans l'un des deux sont reflétés les objets tentateurs d'un luxe stérile (bijoux, parures, etc.).
Dans le second elle s'observe elle même pour que sa psychostasie lui révèle si elle a cédé à cette tentation.
Nous voyons bien ici les degrés ascendants de l'approche du divin à travers le symbole.
NeterSelon Schwaller de Lubicz :
« Les Neters sont les Puissances causales (premières et secondes) de tout ce qui se manifeste dans l’univers ; ils en sont les principes, les agents et les fonctions. [..] Les Neters étant l’expression des Qualités et fonctions de la Puissance divine, leur hiérarchie ne peut être définie que par le caractère plus ou moins spirituel ou matériel, universel ou particulier, absolu ou relatif, de la puissance ou de la fonction considérée. […] ».


En matière d’initiation le hiéroglyphe ci-contre du Neter superposé à cette statue du Dieu Appolon permet de communiquer que l’initié est sensible aux influences des Neters, et ce, quelqu’en soit le degré. Cette « sensibilité d’appartenance » se communique en « mimant » le hiéroglyphe Neter par toutes les équerres comme en atteste le signe de foi, cette statue d’Apollon et bien d'autres œuvres d’art.

OrfraieL'orfraie est aveuglée par la lumière et la refuse.
Représente l'état du profane, de l'être non initiable, qui, malgré les flambeaux, les bougies allumées et une paire de lunettes refuse de reconnaître la réalité de la Lumière initiatique.
ScarabéeKhepra, le scarabée sacré, n'a pas de femelle ; pour engendrer sa progéniture, il façonne une boule faite de fiente de mouton ; en elle gestera sa semence ; cette boule, il la roule de l'orient vers l'occident avec ses pattes postérieures ; ainsi ne se détourne t'il point de l'Orient.
De la même manière, la Terre se meut à l'inverse du cours apparent des astres ; car, autre est l'apparence, autre est le mouvement réel.
Le scarabée enterre sa boule pendant la durée exacte d'une lune ; et, couvée par la terre maternelle, sa progéniture prend forme vivante au sein de ce fumier. Alors, sans perdre un jour, il déterre la boule et la jette dans l'eau ; quand elle s'ouvre dans cette eau, sa progéniture en sort, comme Râ, le matin, surgit hors du nou, eau primordiale de Nout, la nuit céleste.
Or ce scarabée est noir, comme les ténèbres qui sont au commencement de toutes choses ; il a sur ses pattes autant de doigts que les trente jours du mois solaire.
Signe de foiCe signe toujours largement pratiqué de nos jours se fait depuis la plus haute antiquité comme en atteste cette statue du Pharaon Horembeb au Musée du Caire.
Il se pratique en plaçant son bras droit en équerre les doigts joints sous le cœur. Le bras gauche le long du corps.
SphinxIl montait la garde pour écarter les dangers notamment aux portes du désert.
Le sphinx est le plus souvent tétramorphe.
Il a un visage d'homme (ange) des ailes d'aigle, des flancs de taureau et des griffes de lion.
Une analogie s'impose avec les symboles des 4 évangélistes.
- L'aigle se Saint-Jean.
- Le taureau de Saint-Luc.
- Le lion de Saint-Marc.
- L'ange de Saint-Matthieu.
V.I.T.R.I.O.L.V.I.T.R.I.O.L ne doit pas être confondu avec l’acide chlorhydrique même si ce dernier peut évoquer la noirceur de la Chouette ce personnage des Mystères de Paris d’Eugène Sue qui ne se déplaçait jamais sans sa bouteille de vitriol pour accomplir ses basses œuvres.

L'acronyme V.I.T.R.I.O.L. se décrypte en latin : « Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem » et se traduit par« Visite l'intérieur de la terre et, en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée ».


Dans la pratique alchimique il désigne essentiellement le sel philosophique ; les « loups gris très avides » dont l’anagramme est le « vitriol pur des sages ».


En matière d’ésotérisme initiatique il évoque tout comme la caverne le processus qui consiste à se reconstruire en prenant progressivement conscience de sa véritable nature et de son lien indéfectible avec le monde divin.

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Le plan comptable et les lois de l’univers

Le plan comptable et les lois de l’univers

Vous allez sans doute penser qu’il faut être un peu dérangé pour imaginer qu’il soit possible de considérer la comptabilité comme une fille des lois ésotériques et de l’univers !

Vous avez sans doute raison !

Prenez toutefois le temps de méditer sur la présentation PREZI©® en cliquant sur le bouton ci-dessous…

Nous espérons qu’elle vous montre la comptabilité sous un jour nouveau.

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Les rois mages

Les rois mages

Préambule

En préambule, je ne résiste pas à l’envie de vous compiler quelques passages du livre « Her Back Pois Chiche » de la célèbre égyptologue Isha Schwaller de Lubicz ayant trait au symbole.

« Le symbole est la forme vivante d’une loi […]. Le symbole est une langue de Sages qui connaissent les rapports analogiques du visible et de l’invisible et enseignent l’abstrait par le concret. Pour accéder à cette langue, il faut accepter une formation progressive qui est la montée vers le Temple. »

Quel rapport avec les Rois Mages me direz-vous ? Furent-ils la forme réellement vivante d’une loi divine ou, à l’instar des rituels une langue de Sages destinée à nous décrire les rapports analogiques entre notre monde visible et ce monde invisible que nous nous efforçons d’explorer avec ardeur ?

Pour essayer de nous en faire une idée, nous aborderons successivement les origines historiques des Rois Mages puis leur survivance dans la tradition populaire pour terminer par la portée ésotérique du message communiqué par ces Rois Mages.

Nous conclurons après avoir tenté de mettre en lumière comment ces Mages survivent en chacun de nous.

Origines historiques des rois mages

 

L’évangile selon Saint-Mathieu

La tradition chrétienne a donné le nom de « Rois-Mages » aux mages qui viennent voir l’enfant Jésus à Bethléem et qui l’adorent, d’après l’évangile de Saint Matthieu : Chapitre 2, versets 1 à 16.

« Jésus étant né à Bethléem de Judée au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu en effet son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage ».

 « L’ayant appris, le roi Hérode s’émut, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s’enquérait avec eux du lieu où devait naître le Christ. » A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi en effet est-il écrit par le prophète :

 « Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda, car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël ».

« Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l’apparition de l’astre et les envoya à Bethléem en disant :  » Allez vous renseigner exactement sur l’enfant ; et quand vous l’aurez trouvé, avisez moi, afin que j’aille moi aussi lui rendre hommage. »

 » Sur ces paroles du Roi ils se mirent en route ; et voici que l’astre qu’ils avaient vu à son lever les précédaient jusqu’à ce qu’il vint s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. A la vue de l’astre ils se réjouirent d’une très grande joie. Entrant alors dans le logis, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, et se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

 « Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays.

  » Après leur départ, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit :  » Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte ; et restes-y jusqu’à ce que je te le dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.  » Il se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte ; et il resta là jusqu’à la mort d’Hérode ; pour que s’accomplit cet oracle prophétique du Seigneur :  » D’Egypte, j’ai appelé mon fils.  » 

Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, fut pris d’une violente fureur et envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans, d’après le temps qu’il s’était fait préciser par les mages. »

Les Rois Mages : Mythe ou réalité romancée ?

Voici l’opinion « autorisée » de catholique.org

« Ce récit est merveilleux et de tout temps a fait la joie de la piété populaire, aussi bien des grands que des petits. Les Mages qui donnent de l’or, de l’encens et de la myrrhe (plante aromatique utilisée par exemple dans les embaumements) sont devenus des Rois, et on leur donne des noms : Gaspar, Melchior et Balthasar, avec ces noms, ils sont devenus des personnages légendaires, et en même temps presque vivants. Les crèches les représentent en magnifiques costumes imaginés  » orientaux « , avec des chameaux et des serviteurs.

Qu’en est-il réellement ?

Les exégètes sont des savants qui étudient les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament en hébreu, en grec, et dans de multiples langues anciennes, qui vérifient les différents manuscrits, comparent les genres littéraires, les écrits du Judaïsme  » intertestamentaires « , c’est à dire de la période qui précède immédiatement les Evangiles.

 Ces exégètes, ainsi que les historiens qui étudient le premier siècle  » après Jésus Christ  » et les premiers temps du christianisme avaient tendance à considérer cette histoire comme un récit didactique, c’est à dire destiné à faire comprendre quelque chose plutôt qu’à dire un fait ayant réellement existé.

 Aujourd’hui on est plus ouvert à l’idée qu’il y ait des éléments historiques réels dans ce récit.

 1° la cruauté d’Hérode, elle est tout à fait prouvée historiquement on sait qu’il a fait d’autres massacres que celui possible de Bethléem, beaucoup plus importants, à commencer par celui de ses propres fils, par crainte qu’ils ne lui prennent le pouvoir.

 2° On connaît aussi dans l’histoire de l’époque un astrologue arménien, Tiridate, qui en 66 a fait le voyage de Rome pour dire à Néron qu’il avait vu dans les étoiles qu’il était un Dieu. 

 3°En effet les astronomes-astrologues avaient coutume de s’adresser aux puissants afin d’en obtenir des récompenses. L’histoire des mages est donc tout à fait vraisemblable, même si elle ne pourra pas être vérifiée absolument. Mais son intérêt explicatif est beaucoup plus important.

 4° On a découvert ( voir E Nodet,  » Histoire de Jésus ? « , Le Cerf, Paris 2.003) une histoire tout à fait similaire que relate Flavius Josèphe, version en slavon : des sages venus de Perse visitent Hérode « Nous venons de Perse, nos ancêtres ont recueilli des Chaldéens l’astronomie qui est notre science et notre art… « . L’étoile leur est apparue et signifie la naissance d’un roi qui dominera sur l’univers. L’étoile les conduit à Jérusalem mais disparaît. Hérode leur recommande de lui indiquer qui est la personne désignée par l’étoile, mais les Perses ne reviennent pas et Hérode fait massacrer 63.000 enfants de moins de trois ans. (Flavius Josèphe slavon, Guerre des Juifs, 1, 400 , voir Nodet op. cité, p. 219). »

 

Et voici la conclusion que je partage telle qu’émise par catholique.org :


 » On peut dire en conclusion que le récit est vraisemblable selon les mentalités et coutumes de l’époque, qu’un récit fort proche est parvenu à Flavius Josèphe. Celui-ci n’y a pas vu de rapport avec la naissance de Jésus, mais la similitude est étonnante. Flavius Josèphe a-t-il été la source de Matthieu ou Matthieu la source de Flavius Josèphe ? Et la cruauté d’Hérode faisant massacrer des enfants ceux des autres comme les siens paraît bien établie. Mais du vraisemblable à la sûreté historique des faits il y a un pas qu’il n’est pas aujourd’hui possible de franchir. Comme souvent les légendes contiennent souvent à leur base des éléments historiques. Il est malaisé de discerner les contours exacts de ces éléments historiques, mais tout rejeter en bloc est encore plus hasardeux.
« 

Les Rois Mages dans la tradition populaire

Les Rois Mages ont-ils influencé l’évolution des cultes ?

J’ai compilé pour vous les chapitres que le site « Gallican.org » consacre aux Rois Mages.

En voici l’argumentation, sous la plume de Mgr Truchemotte : Mithra et les Mages de la Nouvelle Alliance selon lequel les Mages de l’Épiphanie pourraient avoir été des prêtres de cette religion venue du sud de la Mésopotamie.

 » L’Evangile selon Saint Mathieu rapporte qu’à l’époque de la naissance de Jésus des Mages arrivèrent qui venaient de l’Orient. Selon toute probabilité ces voyageurs spirituels appartenaient à une religion extrêmement antique dont la figure la plus connue des historiens est celle d’un très grand sage nommé Zarathoustra (Zoroastre).

 Mais il est bon de préciser que Zoroastre n’était pas le créateur de cette religion dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Il n’avait fait que lui rédiger un code et des principes de vie. En fait, des siècles avant Zoroastre, un Yasata, un esprit céleste était déjà révéré des peuples indo-iraniens: il portait le nom de Mithra.

 Il n’est pas sans importance de savoir que les Mages qui vinrent adorer l’enfant de la crèche tenaient ce nom de Mithra comme profondément vénérable. Le nom de Mithra pouvait se traduire par des mots comme: pacte, contrat, alliance… Son rôle était en effet de maintenir l’alliance entre le Dieu Suprême et les humains…

 Le livre de l’Avesta – parlant de lui – disait: « le soleil est son œil ».

 Il est aussi très sain de préciser ce que les Mages cherchaient en se rendant à Bethléem.

 Une très ancienne tradition circulait parmi les maguséens qui formaient une école, un clan particulier, chez les fidèles mazdéens; il était prédit qu’un Sauveur sacré devait naître dans une caverne et que ce petit enfant serait la présence visible de Mithra.

Y avait-il un autre messianisme que celui des prophètes de la Bible ? Dans son érudite étude « Histoire de la Religion et de la Philosophie Zoroastriennes », Paul du Breuil rappelle qu’en Iran oriental des Mages astrologues se recueillaient chaque année sur une montagne pour y guetter durant trois jours l’étoile du grand roi. Il cite le livre de Seth et l’Opus Imperfectum in Matheum et écrit, page 127 de son livre, ces lignes propres à nous éclairer: – « En effet, le thème des bergers qui reconnaissent ou recueillent un enfant royal est propre à la légende iranienne et l’image de la naissance du Sauveur dans une caverne appartenait aux légendes parthes du Saoschian-Mithra, incluant le mythe de la fécondation virginale de la Mère. Parallèlement à l’Apocalypse d’Hystape, une prophétie zoroastrienne sur la naissance de l’idéologie royale parthe circulait parmi les maguséens ».

En résumé nous pourrions dire que si les Mages vinrent à la Crèche, c’est qu’ils avaient été avertis qu’un être extraordinaire allait naître, un être représentant tout autre chose que le Messie de la nation d’Israël. »

Nous reviendrons plus tard sur l’influence du culte de Mithra au cours de l’épiphanie ésotérique que nous aborderons dans notre dernier chapitre.

Zoroastre et les mages

Mithra

Naissance de la tradition

L’Évangile selon saint Matthieu nous a dépeint les Rois Mages comme de nobles pèlerins guidés par un astre pour adorer le Christ nouveau-né en Israël. Les rois mages seraient à l’origine du « massacre des Innocents », puisqu’ils auraient appris au roi Hérode la naissance d’un messie, provoquant le meurtre de tous les nouveau-nés de la région. Ils seraient parvenus à Bethléem le jour de l’Epiphanie et auraient offert, en guise de présents, de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

L’archevêque de Gênes, Jacques de Voragine, dans son ouvrage « la Légende dorée » paru au Moyen Âge et en latin, écrit du milieu à la fin du 13ème siècle, serait à l’origine de la création des crèches de Noël célébrant la Nativité. Attention Légende en latin legenda avait un tout autre sens que celui que nous lui connaissons actuellement. Legenda signifiait ce qu’il faut savoir sur. La relation avec l’or « aurea » qui suit n’est donc vraisemblablement pas innocente.

A cette époque l’Ordre du Temple est prospère et représente un trait d’union possible entre tous les courants traditionnels et religieux. Les commanderies situées dans les ports jouaient donc un rôle important dans les activités commerciales de l’ordre. Des établissements templiers étaient installés à Gênes, Pise ou Venise, mais c’était dans le sud de l’Italie, plus particulièrement à Brindisi, que les nefs templières méditerranéennes passaient l’hiver. L’auteur du Legenda Aurea était-il en sympathie voir membre de l’Ordre ?

Jacques de Voragine prête aux Rois Mages des caractéristiques bien précises :

  • Balthazar est un Noir,
  • Gaspard présente des traits asiatiques et
  • Melchior est un vieillard blanc.

D’après la tradition, les mages auraient suivi une étoile spéciale que certains ont cherchée mais il semble que la signification des rois mages soit avant tout philosophique. En effet, les trois mages représentent également les trois stades suprêmes de l’être humain à cette époque, un roi, un prêtre et un prophète. Les Rois mages sont également évoqués au VIème siècle dans l’Évangile arménien de l’Enfance, pour qui le premier aurait été roi de l’Inde, le second roi des Arabes et le troisième roi des Perses. Ils appartiennent à trois peuples différents des trois continents alors connus, l’Asie, l’Europe et l’Afrique, ce qui en faisait des représentants de toute l’humanité. De plus, il existe une confusion du fait que trois cadeaux sont apportés, or, encens et myrrhe, qui sont de prix très élevés à cette époque.

Dans la religion chrétienne, l’or célèbre la royauté de Jésus qui est roi, l’encens est utilisé pour le culte du Dieu mais comme il est également homme, la myrrhe vient lui rappeler sa condition de mortel car elle sert à embaumer les morts. Les couleurs des présents se retrouvent dans le teint des rois mages, en effet, Gaspard au teint asiatique apporte l’or, Melchior à peau claire de l’encens et Balthazar à peau noire, la myrrhe de même couleur.

Les reliques des rois mages sont conservées, d’après la pieuse légende, dans la cathédrale de Cologne, où on les considère comme des saints depuis le XIIème siècle.

 

De nos jours

De nos jours, les rois mages font partie des décorations des fêtes de Noël. La tradition veut qu’ils veillent sur l’Enfant-Jésus dans la crèche de Noël, au pied du sapin et à coté des cadeaux, sous forme de santons de Provence. Le 6 janvier est l’occasion de les fêter avec une galette des Rois de l’Épiphanie. Cette fête de l’Épiphanie est célébrée dans toute l’Église catholique, anglicane et d’Orient afin de commémorer la première révélation de Jésus aux païens. Mais les coutumes de Noël ne sont pas les mêmes partout, et en Espagne, ce sont les Rois Mages qui déposent des jouets dans les souliers des enfants, le 6 janvier. Cette tradition remonte aux premiers temps de la chrétienté, quand les chrétiens d’Orient célébraient la Nativité le jour de l’Épiphanie. Ce n’est qu’au premier siècle que l’on avança la date de la naissance du Christ au 25 décembre.

 

Le gâteau des rois, qu’il est usage de partager en famille le jour de l’Épiphanie Cette fête rappelle la manifestation de Jésus-Christ enfant aux Rois Mages et aux Gentils. Comme il a été rappelé ci-avant, la tradition veut que les Mages aient été guidés jusqu’au berceau du Sauveur par une étoile, laquelle fut pour eux, le signe annonciateur, la bonne nouvelle de sa naissance.

La galette contient dans sa pâte le petit enfant populairement dénommé « baigneur ».

Portée ésotérique du mythe des Rois Mages

Le Symbolisme basique

Les cadeaux des mages symbolisent la reconnaissance des trois pouvoirs : pouvoir royal (l’or), pouvoir sacerdotal (l’encens), et pouvoir spirituel (la myrrhe). Ces trois pouvoirs correspondent aux trois mondes reconnaissant l’orthodoxie du christianisme.

  • Balthazar : il est noir offre la myrrhe qui représente la souffrance rédemptrice de l’homme à venir (Jésus). La Myrrhe est une gomme résineuse odorante qui suinte naturellement du tronc de l’arbre d’Arabie, le balsamier, de la famille des Burseracées. Elle est ensuite distillée en huile essentielle. Elle fut utilisée par les Egyptiens sous forme de masques faciaux rajeunissants aussi bien que dans les processus de l’embaumement, signe s’il en est un, du passage par la mort de Jésus.
  • Melchior : Il est blanc et offre l’encens, signe de divinité, utilisé pour le culte. L’encens symbolise aussi la remontée des prières et des âmes vers le Créateur. Il a un pouvoir purificateur.
  • Gaspard : il est jaune cuivré et offre l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ. C’est aussi le symbole de l’aboutissement de l’éternité.

Vous seriez déçus si les 3 couleurs et les présents des Rois Mages n’impliquaient pas une clarification alchimique immédiate.

Myrrhe

Symbolisme alchimique des Rois Mages

Nous avons au chapitre précédent évoqué les couleurs des présents et le teint des rois mages. Gaspard au teint asiatique apporte l’or, Melchior à peau claire de l’encens et Balthazar à peau noire, la myrrhe de même couleur.

L’analogie des couleurs des Mages avec celles du Grand Œuvre ne vous aura pas échappé.

Balthazar annonce l’œuvre au noir, Melchior l’œuvre au blanc et Gaspard l’œuvre au rouge.

Mais la galette des rois nous apporte elle aussi un éclairage intéressant. Son origine remonte aux fêtes saturnales qui marquaient dans le culte de Mithra la fin du règne de Saturne.

Il est important de noter que le culte de Mithra sacrifiant le taureau était à son apogée pendant l’ère du taureau qui a précédé celle du bélier qui a elle-même précédé l’ère du poisson.

Un petit rappel sur la phase de mondification s’impose désormais pour clarifier notre propos.

Ainsi donc, le soufre et le mercure sont introduits par le col du ballon. Soufre et mercure ne sont autres que le corps physique du profane qui cherche l’initiation.

Le ballon est alors ouvert et l’Adepte y verse une dose de sel philosophique au moyen d’une pipette. Puis il bouche avec soin l’athanor en prenant garde de bien ficeler le bouchon pour que celui-ci puisse résister aux fortes pressions qui vont bientôt s’exercer dans le ballon.

Pendant deux à trois minutes l’adepte secoue énergiquement le ballon en tous sens.

A cet instant précis, toujours ganté, l’opérateur va imprimer au vase quatre saccades de bas en haut puis le reposer sur son support.

Ce cinquième feu suivi de l’itération des quatre autres feux qu’il déclenche successivement a pour conséquence de sublimer les trois composants. D’abord le sel, puis le mercure et le soufre forment une nuée au sommet de l’athanor. Ils s’unissent alors en juste proportion de nature donnant naissance aux granules (un petit monde issu du chao primordial).

Dès que la température retombe, ces granules prennent une consistance gélatineuse, se solidifient quelque peu et tombent dans le compot.

Les alchimistes appelaient ces granulations « poisson échinéis ».

Voyons ce que nous en dit Fulcanelli dans son ouvrage « le Mystère des Cathédrales ».

« C’est l’Enfant-Jésus porté par Offerus, le serviteur ou le voyageur ; c’est l’or dans son bain, le baigneur ; c’est la fève, le sabot, le berceau ou la croix d’honneur ; et c’est aussi le POISSON qui nage dans notre mer philosophique.

 Le POISSON est l’hiéroglyphe de la pierre des Philosophes dans son premier état, parce que la pierre, comme le poisson, nait dans l’eau et vit dans l’eau. »

« Parmi les peintures du poêle alchimique exécuté en 1702 par P.H.Pfau (conservé au musée de Wintertur en Suisse), on voit un pécheur à la ligne sortant de l’eau un beau poisson. D’autres allégories recommandent de le saisir à l’aide d’un filet ou d’un rets délié ; ce qui est une image exacte des mailles, formées de fils entrecroisés, schématisées sur les galettes de l’Épiphanie…

 Au baigneur on substitue souvent un poisson de porcelaine, et ce poisson était une sole (lat.SOL, SOLIS, le soleil). Ajoutons encore que le fameux POISSON du Cosmopolite, qu’il appelle échinéis (chêne iis), est l’oursin (echinus) l’ourson, la petite ourse, constellation dans laquelle se trouve l’étoile polaire. Les oursins fossiles, présentent une face rayonnée en forme d’étoile. C’est pourquoi Limonjon de Saint-Didier recommande aux investigateurs de régler leur route par la vue de l’ETOILE DU NORD »

Le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli attire encore l’attention sur la galette comme suit :

« La CORBEILLE que porte le poisson est le même hiéroglyphe que la galette; sa texture procède également de brins entre-croisés. « 

 » Il n’est pas jusqu’à la pàte de la galette qui n’obéisse aux lois de la symbolique traditionnelle. Cette pâte est feuilletée, et notre petit baigneur y est inclus à la façon d’un signet de livre. Il y a là une intéressante confirmation de la matière représentée par le gâteau des Rois. Sendivogius nous apprend que le mercure préparé offre l’aspect et la forme d’une masse pierreuse, friable et feuilletée. Si vous l’observerez bien, dit-il, vous remarquerez qu’elle est toute feuilletée. 

Les lames cristallines qui en composent la substance se trouvent, en effet, superposées comme les feuilles d’un livre ; pour cette raison, elle a reçu l’épithète de terre feuillée, terre des feuilles, livre aux feuillets, etc. »

Nous ne nous attarderons pas sur l’étoile du berger qui est en analogie avec le sang du dragon et donc de la quintessence.

Conclusion

Les Rois Mages symbolisent les diverses étapes de notre propre vie initiatique ; tous trois sont encapsulés dans notre être.

Lors de notre initiation qui est une naissance à la vie spirituelle nous faisons don de notre Balthazar qui est notre corps de chair, notre soufre.

Nous offrons aussi notre âme qui est notre Melchior, le mercure et la pierre brute que nous devrons tailler.

Notre Gaspard est notre parcelle divine, notre or sans qui nous ne pourrions envisager de mener notre œuvre à bien.

Nous terminerons cet article comme il a commencé en méditant sur une citation de Her Bak Pois Chiche :

« L’horreur quand vient le terme, c’est d’être agrippé à la terre avec des griffes de dragon. »

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Blanche neige et l’alchimie spirituelle

Blanche neige et l’alchimie spirituelle

Préambule

Blanche Neige symbolise la jeune vierge ou granulation des alchimistes ; la minière de l’or. Les 7 nains ou gnomes sont les sept aspects de la matière minérale au travers desquels la Pierre évolue.

Blanche neige, sur ordre de la méchante reine est confiée au chasseur vert (l’acacia) pour que celui-ci la fasse mourir. Le prince charmant joue le rôle du mercure philosophal qui, uni avec la jeune vierge leur permettra d’avoir de nombreux enfants (la multiplication des poissons).

Cet article n’a pas la prétention d’analyser toute la richesse du symbolisme de ce merveilleux conte. Nous nous contenterons pour l’heure de faire le lien avec notre article sur le feu énergétique de nos dragons ainsi que l’article traitant des différentes phases de l’alchimie opérative dans la voie du cinabre.

Comme le mentionne l’ouvrage « Gammes du clavier baudelairien des correspondances Jean Richer » les planètes fondamentales décrivant le déroulement du Grand Œuvre sont en résonance avec les péchés capitaux tout comme le sont les 7 nains du conte des Frères Grimm.

Notre incarnation terrestre comme l’évoquait l’article d’Olivier sur le jeu de l’oie est un parcours initiatique à l’instar du combat mené par Blanche Neige.

Dans un premier temps nous analyserons uniquement les rôles des 7 principaux acteurs que sont Blanche Neige et ses 7 nains.

Nous y verrons que l’ordre et la hiérarchie des progrès à réaliser dans la voie initiatique concordent parfaitement avec les pratiques et enseignements de l’alchimie opérative, tels que transmis au fil des siècles.

Les acteurs

 

Blanche Neige l’Ange

Blanche Neige

Cette héroïne est en analogie avec notre être incarné. Elle est une partie de notre ange gardien déchu. Sa mission est de surmonter les accidents de son incarnation tout en domestiquant progressivement les 7 petits démons de son dragon symbolisés par les 7 nains.

Dormeur le saturnien paresseux

Dormeur

Est sous la domination du péché capital de la Paresse en liaison avec la planète Saturne. Blanche Neige va lui insuffler la vertu cardinale de la Force. Le règne de Saturne représente la première phase de l’œuvre au noir en alchimie opérative.

La paresse est le premier vice dont nous devons triompher : apprendre, travailler et commencer notre ascension de la pyramide de Maslow.

Simplet le Jupitérien gourmand

Simplet

Est sous la domination du péché capital de la Gourmandise en liaison avec la planète Jupiter. Blanche Neige va lui insuffler la vertu cardinale de la Tempérance. Le règne de Jupiter représente la seconde phase de l’œuvre au noir.

La gourmandise est le second vice dont nous devons triompher pour conserver un corps sain apte à héberger une âme saine.

Timide le Lunaire envieux

Timide

Est sous la domination du péché capital de l’Envie en liaison avec la Lune. Blanche Neige va lui insuffler la vertu cardinale de la Justice. Le règne de la Lune représente la fin de l’œuvre au noir en alchimie opérative.

L’envie est le troisième vice dont nous devons triompher. Nous devons assouvir nos besoins frustrations par de nobles motivations sans jalouser les biens ou succès d’autrui.

Grincheux le Martien colérique

Grincheux

Est dominé par le péché capital de la Colère en liaison avec la planète Mars. Blanche Neige va l’enjoindre à la Prudence vertu cardinale opposée.

Le règne de Mars marque la fin de l’œuvre au blanc la Pierre au blanc va abandonner son aliment lacté pour se sevrer au sel rutilant de Mars et teinter la chevelure de Vénus.

La colère est le 4ème vice dont nous devons triompher pour éviter les emportements nuisibles à l’empathie et à la sérénité.

Joyeux le Vénusien lubrique

Joyeux

Est sous la domination du péché capital de la Luxure en liaison avec la Vénus. Blanche Neige va lui enseigner  la première vertu théologale : la Charité. Le règne de Vénus marque le début de la coagulation de la Pierre.

La luxure est le cinquième vice à combattre. Nous devons apprendre à aimer pour donner sans nous contenter d’en tirer un plaisir personnel.

Atchoum le Mercurien avaricieux

Atchoum

Est dominé par le péché capital de l’Avarice en liaison avec la planète Mercure. Blanche Neige va lui faire comprendre que l’Espérance, seconde vertu cardinale l’emporte sur les jouissances matérielles.

Mercure symbolise le mercure solidifié ou Pierre au blanc.

L’avarice est le 6ème vice dont nous devons triompher pour ne pas être aveuglés par la jouissance illusoire des biens matériels que le messager Mercure ne nous permettra pas d’emporter dans l’au delà..

Prof le Solaire orgueilleux

Prof

Est sous la domination du péché capital d’Orgueil lié au Soleil.

Blanche Neige va lui insuffler la troisième vertu théologale : la Foi. Le règne du Soleil marque le couronnement de la fameuse Pierre Philosophale.

L’Orgueil est le septième et dernier vice à combattre. Nous devons apprendre l’humilité car la Foi est seule garante de la Sagesse.

La Foi permet de ne pas mépriser le prochain qui peut paraître provisoirement moins avancé que nous sur le chemin.

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Symbolisme du jeu de l’oie

Symbolisme du jeu de l’oie

Avertissement

Nous remercions Olivier pour nous avoir confié ce bel article sur la symbolique du jeu de l’oie. Nous attirons toutefois votre attention sur le fait que les éditeurs successifs de jeux de société ont apporté leur touche personnelle dans le choix des symboles voire dans leur ordonnancement. Nous n’avons pas retrouvé le tapis dont s’était inspiré l’auteur au moment ou il avait rédigé ce texte. Les discordances que vous pourrez déceler entre les illustrations dont nous avons cru bon d’orner le texte ne changent en rien la finalité et la portée ésotérique du jeu.

Le lecteur doit comprendre que la vertu de tout symbole est d’être fortement connotatif et que le fond doit toujours l’emporter sur la forme. Les différences constatées loin de nous perturber doivent au contraire nous encourager à méditer sur leur origine possible et les enseignements que nous pouvons en tirer. Nous avons tous des parcours et des cheminements différents sur le chemin mais ils ont tous le même but quels que soient les accidents et joies rencontrés sur nos parcours respectifs.

Introduction

Intrinsèquement, le jeu est un symbole de lutte contre la mort (jeux funéraires), contre les éléments (jeux agraires), contre les forces hostiles (jeux guerriers) ou contre soi-même (contre sa peur, ses faiblesses et ses doutes).

À l’origine, le jeu est lié au sacré et peut revêtir une fonction initiatique au-delà de son aspect ludique.

Ainsi, nous verrons que la tradition ésotérique considère le Jeu de l‘Oie comme un labyrinthe.

L’alchimiste FULCANELLI y décèle, quant à lui, l’un des recueils des principaux hiéroglyphes du Grand Œuvre.

La plus ancienne mention du Jeu de l’Oie remonte à la Cour des Médicis à Florence en 1580 même si certains datent son invention de la guerre de Troie (cf. note in fine) on note déjà sa présence dans les tombes égyptiennes.

A la Renaissance, on parle du « noble jeu renouvelé des Grecs » pour évoquer ce jeu de hasard populaire dont nous tenterons de montrer que les règles, å la portée des enfants, peuvent revêtir une signification plus subtile pour I ‘initié.

Un vieux mot français confirme le véritable sens que l’on doit accorder å ce jeu.

Il s’agit du verbe « oyer », entendre, d’où le nom d’« oye », d’oreille.

Le « noble jeu de l‘oye » peut donc devenir le jeu de I ‘entendement.

Le jeu

Le Jeu se présente sous la forme d’une spirale de 63 cases, enroulée vers I ‘intérieur et comportant un certain nombre de pièges.

On peut y voir symboliquement la reproduction imagée de l’existence humaine parsemée de pièges, d’événements heureux, de progrès et de luttes sans oublier la mort.

C’est donc å un véritable parcours initiatique auquel le joueur est convié, à une métaphore du cycle de la vie au centre duquel figure l’accomplissement de l’individu auquel le joueur parviendra selon le hasard des dés, contrairement au chemin de l’initié qui ne repose que sur le travail accompli sur un chantier toujours en construction.

Les règles du jeu de l’oie

 

L’oie dans l’histoire de la tradition

Avant de s’intéresser plus spécifiquement au Jeu lui-même et tenter d’en percer l’ésotérisme à travers l’étude de ses cases les plus emblématiques, il convient de s’attarder quelques instants sur le symbolisme de l’Oie.

En tant qu’oiseau, l’Oie est prédisposée à servir de symbole aux relations entre le ciel et la terre.

Sous sa forme sauvage, l’ensemble des civilisations lui ont accordé une forte connotation symbolique.

Si elle apparaît pour les chinois contemporains comme le symbole de la fidélité conjugale en raison de la régularité de ses migrations, elle est, au commencement, le symbole du signal, de la vigilance.

On peut ainsi se référer aux oies sacrées du Capitole à Rome, élevées autour du Temple de Junon, sensées pressentir le danger, et qui donnèrent l’alerte pour empêcher l’invasion des barbares gaulois.

En Égypte, les pharaons furent identifiés au Soleil (Râ) et leur âme fut représentée sous la forme d’une Oie, attribut du dieu Geb, dieu de la Terre appelé Le Grand Caqueteur parce qu’il avait produit l’Œuf Cosmique ou œuf primordial qui est cité dans Le Livre des Morts des Égyptiens comme l’œuf lumineux pondu par l’Oie Céleste et couvé à l’Orient.

Cet œuf était supposé renfermer I ‘architecture harmonique du monde comprenant à la fois le macrocosme et le microcosme.

Qualifié de chef de l’Ennéade, qui regroupe les neuf grands dieux de l’univers mythologique égyptien, Geb est souvent représenté avec une oie sur la tête.

De même, l’avènement d’un nouveau pharaon était notamment annoncé par un lâché de quatre oies sauvages aux quatre coins cardinaux afin que nul n’ignore le nom du nouvel élu.

Il est stupéfiant de noter que les égyptiens utilisaient I ‘expression « d’oie en oie » pour signifier la réincarnation, le passage de la mort à la renaissance, l’Oie accompagnant les âmes des défunts dans leur voyage vers l’au-delà.

On comprend donc que cet oiseau au plumage blanc immaculé soit progressivement devenu un animal solaire et qu’en Afrique du Nord une coutume encore vivace le sacrifie lors de la période critique du changement d’année.

On conclura sur l’Oie en observant la forme caractéristique de sa patte qui a pu évoquer les Maîtres Templiers dont la croix pattée de gueules est le symbole le plus connu qui a traversé les siècles, gravé ou sculpté dans la Pierre : elle ouvre ses extrémités aux quatre points cardinaux et ses quatre branches égales évoquent les quatre évangélistes ou les quatre éléments.

On le voit, l’Oie est un animal qui mérite attention par-delà l’image quelque peu désuète et simpliste que la sagesse populaire a assigné à cet oiseau de basse-cour même si Les Contes de la Mère l’Oie peuvent revêtir pour certains un caractère hermétique.

Principaux symboles du jeu

Le jeu comprend 63 cases. La  numérologie nous montre que 6 + 3 = 9 ; chiffre éminemment symbolique qui est par exemple celui de l’arcane de l’Ermite dans le Tarot et qui représente la recherche de la lumière intérieure.

Le chiffre neuf est le carré du nombre 3. Ce chiffre des trinités fondatrices se retrouve sur le Jeu de l’Oie et les volatiles sont disposés sur des cases de manière à faire allusion à des multiples de neuf.

La spirale du nombre d’or

Le Jeu se présente comme un tracé en forme de spirale labyrinthique à parcourir pour arriver à la Connaissance, à la Lumière.

Il nous faut examiner maintenant ces deux symboles.

À elle seule, la spirale mérite assurément un article complet tant cette figure est chargée de significations symboliques dans toutes les civilisations.

On simplifiera à outrance en retenant qu’elle évoque l’évolution d’une force et symbolise, pour les civilisations primitives, le voyage qu’accomplit l’âme du défunt après sa mort jusqu’à sa destination finale.

Elle est partout présente dans la nature, visible sur la coquille de l’escargot ou invisible sous la forme hélicoïdale de l’ADN au sein du génome humain.

La spirale plane que représente le Jeu de I ‘Oie s’apparente plutôt à un Labyrinthe qui fait retour à son centre en une involution pour aboutir à I ‘Eden de la dernière case représenté par le Jardin de l’Oie.

Le hasard des dés peut aboutir à faire un retour sur des cases antérieures et ainsi à régresser en un mouvement involutif.

Les deux sens de ce mouvement, involution et évolution, peuvent alors symboliser la mort initiatique et la renaissance en un être transformé.

Pour l’initié, la spirale permet de mieux comprendre la recherche initiatique : l’homme doit ainsi aller de l’extérieur vers l’intérieur pour revenir sur ses pas par le même chemin.

Labyrinthe de la cathédrale de Reims

Par définition, Le Labyrinthe, qui est représenté également sur la case 42, est le lieu où il est facile de s’égarer, de se décourager.

Originellement, c’est le palais crétois de Minos où était enfermé le Minotaure, monstre à corps d’homme et à tète de taureau d’où Thésée ne put sortir qu’à l’aide du fil d’Ariane.

Le labyrinthe est par essence le symbole de la complication, des difficultés et des épreuves du parcours initiatique que tout individu doit suivre dans la recherche du Soi, au centre de son être où s’effectue la seconde naissance.

Érigé comme système de défense, il protège un centre sacré réservé à l’initié, néophyte qui aura traversé avec succès les épreuves de l’initiation, qui se sera montré digne des Mystères et qui sera désormais lié par le secret. La transformation du Moi opérée au centre du labyrinthe, les alchimistes parleraient de transmutation, eux qui lui confèrent une fonction magique, marquera le passage des ténèbres à la lumière, la victoire du spirituel sur le matériel.

En définitive, le labyrinthe conduit également au centre de soi-même vers une sorte de sanctuaire, de temple intérieur et caché que les initiés construisent patiemment pour y accueillir leur corps de gloire.

Quelques symboles supplémentaires

Il serait vain et fastidieux, de prétendre analyser l’ensemble des cases et il peut être ludique pour chacun d’entre nous de se reporter au Jeu de l’Oie de son enfance pour identifier individuellement les symboles universels susceptibles de « lui parler » ; par exemple :

  • L’épi de blé de la case 53.
  • Les moissons de la case 43.
  • La pomme, fruit de La connaissance de la case 21 avec son pentacle central.
  • Le coq, emblème hermétique présent dès la deuxième case.

On pourra aussi utilement observer La ruche et ses abeilles de la case 40 qui peuvent symboliser la collectivité organisée, laborieuse et obéissant à des règles rigoureuses propres aux rites initiatiques.

Tout comme la vie terrestre, le jeu comporte de bonnes et de mauvaises cases. L’Oie en est le fil conducteur et ne figure que sur des cases positives.

Sa migration d’une région à une autre est pleine de surprises et d’embûches tout comme le chemin initiatique.

Si vous deviez douter encore du caractère ésotérique du Jeu de l’Oie, j ‘ai décidé arbitrairement de retenir quatre cases particulièrement symboliques pour notre démarche : le pont, le puits, l’escalier et la mort.

Le pont

Le Pont de la sixième case est la première difficulté à laquelle le joueur se trouve confronté mais c’est une case positive.

Symbole du passage spirituel de la terre au ciel, il permet de passer d’une rive à l’autre et image parfaitement le rite de passage périlleux qu’est celui de tout voyage initiatique.

Le puits

Le Puits de la case 31 est un lieu d’échange et de ressourcement à la fois physique et spirituel. C’est un lieu sacré dans toutes les traditions et il réalise, comme voie de communication, une synthèse des trois éléments : air, eau et terre.

Dans la Bible, c’est auprès d’un puits qu’ont lieu les rencontres providentielles, les pactes et les alliances.

Symbolisant également le secret, la dissimulation, notamment de la vérité, il devient pour de nombreux contes ésotériques l’image de la connaissance selon la formule : « la vérité est au fond du puits ».

Enfin, si l’on se penche au bord du puits, telle une lunette astronomique il reflété et relie les trois mondes : le ciel, la terre et les enfers.

De façon négative, il peut représenter un obstacle. Le Jeu de I ‘Oie y fait d’ailleurs tomber notre initié qui doit attendre la chute d’un autre joueur pour progresser dans le Labyrinthe.

L’escalier

L ‘Escalier de la case 39 est, quant à lui, le symbole de la progression vers le savoir, de l’ascension vers la Connaissance.

Il participe de la symbolique de l’axe du monde, l’axis-mundi, de la verticalité et de la spirale.

Pour autant, I’ Escalier se prête aussi bien à l’ascension quand on le monte qu’à la régression sur le chemin initiatique quand on le descend.

C’est tout le drame de la verticalité que le Jeu de l’Oie résume bien puisque le joueur tombant sur l’Escalier régresse de six cases.

Ces cases négatives rappellent au cherchant la difficulté de son entreprise qui nécessitera Vigilance et persévérance.

La mort

Enfin, La Mort de la case 58 représente l’ultime initiation avant d’achever le parcours terrestre.

Elle est la dernière épreuve à subir avant d’atteindre le Jardin de I ‘Oie que l’on identifiera au Paradis, à l’Eden ou à l’illumination en fonction des croyances de L’initié.

Ce n’est pas qu’une case néfaste puisque la règle du jeu impose de retourner sur la première case et donc de reprendre une nouvelle vie tel un éternel recommencement, une réincarnation sans fin que les bouddhistes nomment Samsara avant de pouvoir atteindre le stade ultime de l’illumination et de la paix intérieure du Nirvana.

Conclusion

En conclusion, on ne peut ressortir victorieux du Jeu de l’Oie qu’à la lumière de la connaissance. Il s’agit d’un chemin long et difficile, semé d’embûches, d’épreuves initiatiques que l’on se doit de parcourir seul.

Si l’objectif est d’arriver le premier à la dernière case, le jeu n’est pas pour autant terminé pour les autres participants. En effet, chaque joueur doit accomplir son propre chemin, affronter les difficultés et tenter de les surmonter avec l’aide des outils qui lui sont propres afin de parvenir au seuil de l’ultime case.

En définitive, le Jeu de I ‘Oie ne constitue pas une fin en soi mais un moyen.

Bouddha ne disait-il pas à I’attention de ses disciples : « Je t’ai montré le chemin de la délivrance, à toi de le parcourir. »

Note complémentaire sur le labyrinthe

En effet, pour certains, le Jeu de I ‘oie, en tant qu’archétype du labyrinthe, fait directement référence å la légende de Thésée et du Minotaure.

Selon la Iégende, Minos, Roi de Crète, envoya son fils Astérion en visite chez Egée, Roi d’ Athénes. Astérion fut tué accidentellement aux jeux et Minos, inconsolable et dans une grande fureur, ordonna qu’en réparation, tous les neuf ans, Egée lui envoie sept jeunes filles et sept jeunes gens qui

seraient donnés en pâture au Minotaure, créature hideuse au corps d ‘homme et à la tête de taureau.

Les soixante trois cases du jeu de l’oie pourraient ainsi faire référence à ce cycle du sept que multiplie le neuf.

 

Merci encore à Olivier pour cet article qui illustre bien que nous sommes en permanence entourés de symboles dont nous devons décrypter les analogies.

Publié par ESOTERICUS dans Symbolisme, 5 commentaires