La Sainte Tétraktys

Pour les Pythagoriciens : toutes les choses sont issues du nombre et de la vibration :

Le nombre est la clef du monde ; tout mouvement est soumis à une loi, or, tout est mouvement. L’homme est un petit monde dans le grand, un microcosme dans le macrocosme ; il peut s’exprimer, lui aussi, par un nombre. Certains nombres concordent ou sympathisent entre eux, d’autres pas ; les nombres peuvent donc exprimer la sympathie ou l’antipathie ou encore l’indifférence.

Dieu est le premier moteur ; il est le nombre ineffable. Il est le principe de toute chose ; il donne à chaque chose son unité car il fond les principes contraires en une seule substance. Le monde, dans son unité, est un nombre. Le nombre est à la fois la substance, la matière, le principe de la forme et du mouvement en toute chose.

Un est le principe universel, le Père de tout nombre, le père suprême. Le monde est fait à l’image du nombre et chaque être est un composé de fini et d’infini.

Tout être a sa place dans l’ordre universel : tout être a en lui un élément de perfection ; il en résulte que le mal n’est qu’une chose relative car l’harmonie universelle n’est troublée par aucune dissonance, toute dissonance éventuelle étant couverte par l’harmonie de l’ensemble. Tout être est composé de fini et d’infini ; car il procède de l’Unité et est composé de pair et d’impair ; de limité et d’illimité ; il est donc une harmonie des contraires et cela explique l’imperfection humaine.

Au delà du monde organisé, existe un élément sans forme, infini, sans détermination, sans limite et sans nombre : c’est là que puise la matière quand elle prend forme et devient un espace plein, limité, déterminé et distinct du vide.

La matière est un élément inférieur, négatif, féminin, informe, inharmonieux et irrégulier. Le monde est éternel ; il est un être vivant, il respire, il aspire, il se meut de lui même et ne peut donc périr. Il a été créé dans l’esprit des hommes, par la construction mentale.

Le monde se dilate et s’étend car le nombre 1 a produit le 2 en aspirant la puissance de l’infini ; 1 est le point ; 2 est la ligne ; 3 est la surface ; 4 est le volume.

L’unité est le point de départ, le germe.

Le nombre 5 donne la couleur et la qualité ; 6 la vie animée ; 7 la raison, la santé et la lumière ; 8 l’amour, l’amitié et la prudence ; 9 la justice. Le nombre 10 est le nombre parfait, il contient à la fois le bien et le mal, le pair et l’impair, le mobile et l’immobile. Il renferme en lui la puissance active de tous les nombres ; il est le principe de toute vie, de toute intelligence ; il représente la vie divine, l’être dans sa perfection, car il est non seulement la somme de 10 unités, mais encore l’unité de cette somme.

C’est pourquoi 10 est le nombre de la Sainte Tétraktys, ce symbole Pythagoricien, dont le triangle pointe en haut repose sur le 4.

Les Grecs appelaient 1 : Apollon ; 2 : Artémis ou Rhéa ; 3 : Athéna ; 4 : Hestia ou Déméter.

Le monde se crée par l’harmonie et l’analogie

Le nombre 7 est le nombre de l’homme : il est viable dès le 7ème mois ; sa vie se divise en périodes septennales : de la naissance à la 7ème année, il fait pousser ses dents et se borne à croître ; de 7 à 14, il est un enfant ; de 14 à 21 un adolescent ; de 21 à 28, un jeune homme ; de 28 à 35, un homme fait ; de 35 à 42 ans, (sa cinquième période étant passée) il doit être touché par la spiritualité s’il veut éviter de décliner par périodes de 7 années.

La lyre pythagoricienne : 7 cordes en harmonie

Le monde est un instrument harmonieux, c’est la lyre de Dieu dont Il joue, dont Il tire des accents divins qui forment la céleste harmonie des sphères. Tout est harmonie dans le monde :

  • La distance de la Terre à la Lune est d’un ton ;
  • Celle de la Lune à Mercure, d’un demi ton ;
  • Celle de Mercure à Vénus, d’un demi ton ;
  • Celle de Vénus au Soleil, d’un ton et demi ;
  • Celle du Soleil à Mars, d’un ton ;
  • Celle de Mars à Jupiter, d’un demi ton ;
  • Celle de Jupiter à Saturne, d’un demi ton ;
  • Enfin, il y a un ton et demi de Saturne aux Etoiles fixes.
  • Le tout : 1 + 0,5 + 0,5 + 1,5 + 1 + 0,5 + 0,5 + 1,5 = 7 tons soit un octave.

La musique participe à cette universelle harmonie ; il y a entre les notes de sa gamme, des intervalles identiques à ceux qui existent entre les planètes. Il en est de même pour le spectre des couleurs visibles entre l’infra rouge et l’ultra violet.

De même que chaque note a des harmoniques et que la gamme se répète indéfiniment (au delà de l’infra et de l’ultra son), jusqu’à devenir inaudible à notre oreille limitée, de même, notre âme a des doubles, des reflets de plus en plus subtils, qui la mettent en vibration sur des mondes invisibles à notre œil (qui ne perçoit lui qu’un seul octave ou gamme).

Les plus importants des astres donnent les diverses notes de cet orchestre des sphères, l’ensemble des astres donne la gamme entière.

Chacun d’entre nous a un rythme vital particulier : notre cœur, notre respiration, notre chaleur, nos pensées, ont des ondes de longueurs précises, qui font émaner de notre être une radiation déterminée. Cette radiation entre en contact avec celle des êtres qui nous entourent, créant des contacts dont la nature dépend de l’harmonie entre les deux vibrations. Ainsi naîtront les sentiments d’amour, de haine ou d’indifférence.

Ainsi naquit la numérologie basée sur le fait que chaque nom est doté d’une fréquence donc d’un nombre qui lui est propre. Le jeu des divers nombres ainsi engendrés permettant de prédire l’avenir.

Nous ne pouvions pas terminer ce paragraphe déjà fort long, sans évoquer la puissance du nombre d’or que Pythagore enseignait à ses disciples. C’est en effet sur cette formule extraordinaire que sont basés tous les canons de la beauté corporelle de l’homme, toutes les harmonies des 7 arts libéraux ; et jusque aux dimensions des fleurs et des cristaux.

Article suivant : Le cycle des âmes selon Pythagore

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